LogoAppli mobile

Présider l’assemblée

« Celui qui préside, (qu’il le fasse) avec zèle. » (Rm 12,8)

« La lecture finie, celui qui préside prend la parole... On apporte du pain avec du vin et de l’eau, et celui qui préside fait monter au ciel la prière et les actions de grâce » (saint Justin, mort en 165, Apologies I, 67). « Le siège du prêtre célébrant doit exprimer la fonction de celui qui préside l’assemblée et dirige sa prière » (Présentation générale du Missel Romain, n° 271).

Présider est un mot du vocabulaire chrétien qui est loin de dater de Vatican II puisqu’on le trouve déjà chez saint Paul. Cela dit, il s’agit évidemment de présider, non pas une association, un conseil, un club, voire la République, mais une assemblée chrétienne réunie en Église pour célébrer le Christ ressuscité. Le président occupera la première place, mais en sachant que c’est la place du Maître qui lave les pieds de ses disciples. Tout en présidant la célébration, il fera donc en sorte que chacun (lecteur, animateur...) joue le rôle qu’il doit tenir. Le président représente « le Christ, tête du corps qui est l’Eglise » (voir Col 1,18). Lorsqu’il est ordonné évêque, prêtre ou diacre, il le représente alors sacramentellement.

Les réflexions qui vont suivre concerneront davantage les évêques, les prêtres et les diacres, mais les autres ministres ou fidèles laïcs qui ont une fonction de présidence à remplir en déduiront ce qui peut s’adapter à leur cas.

Les divers lieux de présidence

Rappelons d’abord qu’il y a au moins trois lieux de présidence, et non deux (ambon et autel) et encore moins un seul (rien que l’autel). Il importe, pour l’équilibre de la célébration et la mise en relief des diverses actions, que les trois lieux : le siège, l’ambon et l’autel, soient occupés quand il le faut et seulement quand il le faut.

L’ambon est le lieu de la parole de Dieu et c’est donc la parole de Dieu que l’on relativise si l’on y fait le mot d’accueil, les oraisons, l’animation des chants et même les annonces.

L’autel est le lieu du repas sacrificiel qu’est l’Eucharistie. Il va de soi qu’il ne doit être utilisé qu’entre la préparation des dons et la communion.

Quant au siège, il n’est pas seulement le lieu où le président s’assoit. Il est le lieu où il ouvre et conclut la célébration, et préside la liturgie de la Parole (écoute des lectures, confession de foi, prière des fidèles...). C’est seulement l’absence d’un micro et d’un pupitre qui fait que le siège de présidence ne sert qu’à s’asseoir.

Nous disons : au moins trois lieux, mais on n’oubliera pas que certains édifices ou certaines célébrations (dernier adieu, cendres, Vendredi saint, confirmation, ordination...) réclament que le célébrant soit devant l’autel, voire à l’entrée de l’église (Vigile pascale, Rameaux, rites d’accueil des baptêmes, des mariages, des funérailles...).

Être présent

L’intention d’être « communiquant » est parfaitement légitime. Mais on risque d’oublier qu’on ne peut correctement être avec que si d’abord on est, c’est-à-dire simplement et noblement présent : « Les rites manifesteront une noble simplicité » (Constitution sur la sainte liturgie, n° 34). Vouloir être proche, simple et chaleureux en étant plus décontracté que l’on ne devrait n’est pas meilleur qu’être plus autoritaire qu’il ne faudrait.
Etre calme

C’est bien dans le fait « d’être calme » que réside le secret de cette noble simplicité. Noble n’est pas cérémonieux, simple n’est pas négligé.

Etre calme, c’est d’abord un état intérieur : être bien préparé, bien à ce que l’on fait ; c’est être disponible sans raideur ni précipitation, sans autoritarisme ni mollesse ; c’est être naturel sans affectation ni indifférence.

Etre calme, c’est s’avancer sans hâte vers l’autel ; c’est éviter d’accomplir des gestes de façon trop mécanique (signes de croix, fraction du pain, distribution de la communion...), savoir ménager des temps de silence.

Etre calme, ce n’est pas forcément être lent, c’est être posé dans tout ce que l’on fait, bien posé.

Chaque chose en son temps

Combien de fois un geste liturgique est-il troublé, dévié même, parce qu’on fait deux choses à la fois : on dit « Prions le Seigneur » en cherchant la page de l’oraison ! Si l’on doit chercher la page de l’oraison (qui devrait déjà être prête !), on le fait avant de dire « Prions... ». Nous disons bien : avant, et non entre le mot et le début de l’oraison, car ce court temps doit être un silence (PGMR n° 88). Comment l’assemblée se recueillerait-elle, si son président la disperse par des gestes contraires à ce qu’il demande ?

Un déficit

On dit, en termes savants, que notre liturgie souffre actuellement d’un « déficit cérémoniel ». Attention, qu’on ne s’y trompe pas ! Il ne s’agit aucunement d’un regret de pompes fastueuses. Cela signifie que les formes extérieures de nos célébrations ne sont pas suffisamment soignées, par manque d’intérêt ou par négligence du fait de ceux qui en sont responsables. Trente ans de réforme liturgique nous révèlent que ce que nous avons cru secondaire au chœur était, pour la nef, plus important qu’il n’y paraissait.

Ne faut-il pas commencer à s’en préoccuper sérieusement ?

Une faute d'orthographe, une erreur, un problème ? Dites-nous tout !
 
Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/11/2019
1ère public.: 30/11/1995