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Les attitudes communes

D’avoir souvent parlé du prêtre qui préside, de l’animateur de chant ou du lecteur, pourrait faire croire que l’assemblée est oubliée ou qu’elle n’est pas directement concernée par l’art de célébrer. Il n’en est rien. C’est toute l’assemblée qui célèbre, même si la plupart des fidèles de la nef n’ont pas de fonction particulière à remplir.

Faisons donc le tour des attitudes communes qui reviennent à tous les participants (y compris au prêtre, d’ailleurs, qui pour être le président n’en est pas moins membre de l’assemblée) et précisons à l’intention des pasteurs et des équipes liturgiques, que, pour être signifiants, ces attitudes et ces gestes réclament que l’on rappelle de temps à autre, dans une homélie ou sur une feuille paroissiale, par exemple, leur sens, leur raison d’être et la façon de les habiter.

Mais avant tout, relisons l’importance que la Présentation générale du Missel romain leur donne en son n° 20 : « Les attitudes communes que tous les participants doivent observer sont un signe de la communauté et de l’unité de l’assemblée ; en effet, elles expriment l’esprit et la sensibilité des participants. » On ne célèbre pas avec son cerveau seulement mais avec tout son corps.

“Venez, crions de joie pour le Seigneur...
Allons jusqu’à lui en rendant grâce...
Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.”
(Psaume 94)

Etre debout

C’est l’attitude la plus importante à la messe. Etre debout ne signifie pas seulement que l’on est un croyant adulte devant Dieu, encore moins que l’on refuse de se mettre à genoux devant lui mais d’abord que, par le baptême, l’on est déjà ressuscité, « relevé d’entre les morts » (Ep 5,14) par et avec le Christ. C’est pourquoi dans l’Eglise ancienne, il était interdit de se mettre à genoux le dimanche, jour de la résurrection, comme l’atteste saint Augustin : « Nous prions debout parce que c’est un signe de résurrection. »

Etre assis

Etre assis est une position de repos, mais à la messe, ce repos n’est pas un farniente, c’est une sorte de confort physique tout entier destiné à une meilleure écoute ou à la prière personnelle.

La première grande partie de la messe est une liturgie de la Parole et non de la lecture. Un membre de l’assemblée fait la lecture, mais c’est le Seigneur qui parle à son peuple « car c’est lui (le Seigneur) qui parle tandis qu’on lit, dans l’Eglise, les Saintes Ecritures » (Constitution sur la sainte liturgie, n° 7). L’enjeu est plus grand qu’on ne croirait. Que les fidèles écoutent ce que Dieu dit par la Bible et ne lisent pas le texte dans leur Missel personnel ou dans une petite revue (sauf les malentendants, bien sûr) signifie que la foi chrétienne est une réponse à la Révélation divine. Déjà le judaïsme le vivait (et le vit encore) dont l’une des grandes prières quotidiennes est le Shema Israël, « Ecoute, Israël » (Dt 6,4), et saint Jean, à la suite de Jésus, le dit dans l’Apocalypse : « Celui qui a des oreilles, qu’il entende (qu’il écoute) ce que l’Esprit dit aux Eglises » (Ap 3,22).

C’est dans cet esprit qu’on se lève au moment où jaillit l’Alléluia, car « le Christ annonce encore l’Evangile ». (Constitutions sur la sainte liturgie, n° 33)

Si la lecture n’est pas assez compréhensible, c’est au lecteur d’apprendre à lire en public et non aux fidèles de compenser par une lecture individuelle.

Etre assis favorise également la prière personnelle durant la présentation des dons et le silence après la communion.

S’agenouiller

Dans la tradition de l’Eglise ancienne, se mettre à genoux était la grande attitude pénitentielle et implorative (Flectamus genua : mettons-nous à genoux). Au cours des siècles, et particulièrement à partir du Moyen âge, la piété en fit aussi une attitude d’adoration. Ainsi, la PGMR demande-t-elle que, pour la consécration, les fidèles s’agenouillent « à moins que l’exiguïté des lieux ou le grand nombre des assistants ou d’autres circonstances (dont la mentalité des peuples) ne s’y opposent ». (PGMR, n° 21) Il est bien difficile alors d’imposer une pratique commune. On rappellera seulement qu’une singularisation (se mettre à genoux quand tous les autres restent debout ou rester debout quand tous les autres s’agenouillent) ne correspond pas au souhait de l’Eglise : elle désire que les attitudes communes soient signes de l’unité de la communauté (voir PGMR, n° 20, cité plus haut).

On signalera enfin que, dans beaucoup de cas, est possible au chœur ce qui ne l’est pas dans la nef.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/10/2020
1ère public.: 30/11/1996