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Le vêtement liturgique

Deuxième partie

Après le rappel de la raison d’être des vêtements liturgiques et, particulièrement, de la chasuble comme signe du sacerdoce ministériel, quelques points d’application restent à voir.

Les petits groupes

S’appuyant sur un document romain de 1969, il existe une Note de la Commission épiscopale française de liturgie, datant de 1970, sur « les messes de petits groupes », qui est fort peu connue, mais que publie le livre : Pour célébrer la messe (Editons CLD, 1989) contenant en premier le texte de la « Présentation générale du Missel romain (PGMR) ».

Cette note dit en son numéro 17 : « Dans le cas des messes de petits groupes, pour répondre à la fois aux exigences de simplicité et de dignité de la célébration, on pourra, lorsque les circonstances le demandent, revêtir simplement l’aube et l’étole. »

Cela peut se comprendre lorsque l’assemblée est très réduite (équipe de mouvement, session, éventuellement messe de semaine dans une paroisse). Mais cela donne justement l’occasion de mieux manifester l’importance du dimanche que de revêtir la chasuble, ce jour-là, quand les fidèles se rassemblent même dans une humble église paroissiale.

Confection

Il faut savoir que certains ateliers monastiques se sont spécialisés dans la confection de vêtements liturgiques faits avec une « noble simplicité », comme dit la PGMR, n° 279, et à des prix abordables. La Commission diocésaine d’art sacré peut être, par ailleurs, une utile conseillère.

La concélébration

S’il est compréhensible que, dans de grandes assemblées, des prêtres concélébrant ne portent que l’aube et l’étole, il est d’autant plus nécessaire et signifiant que, dans ce cas, le célébrant principal porte la chasuble (PGMR, n° 161). En effet, il n’y a qu’un seul grand prêtre, le Christ (He 7,26), et cela doit être manifesté, même si l’assemblée n’est composée que de prêtres.

On peut tout de même souhaiter que, lors de célébrations plus importantes, notamment lorsqu’elles sont présidées par l’évêque, les deux concélébrants qui entourent le président portent également la chasuble. Il faut évidemment veiller à ce que les couleurs s’harmonisent.

Le diacre

« Le vêtement propre au diacre est la dalmatique qu’il doit revêtir sur l’aube et l’étole (PGMR n° 300). » La dalmatique était, dans l’antiquité romaine, un vêtement que portaient les esclaves (serviteurs égal diacres) originaires de Dalmatie, d’où son nom. Ce vêtement laissait les bras dégagés pour le service, et s’arrêtait au genoux pour la marche.

Que, par souci de simplicité, le diacre ne porte que l’aube et l’étole en travers de la poitrine est également compréhensible. On peut imaginer, cependant, qu’un jeu de dalmatiques soit disponible, dans le diocèse, pour rehausser le caractère festif de certaines célébrations où le diacre joue un rôle important (son ordination ou celle d’un évêque, le Jeudi saint pour le lavement des pieds, le Samedi saint pour le port du cierge pascal et le chant de l’Exultet).

Et les laïcs ?

Faut-il qu’un laïc qui exerce une fonction particulière dans une célébration liturgique porte un vêtement spécial ? A cette question, répondent immédiatement deux réactions à l’opposé l’une de l’autre. « Surtout pas, disent certains ! Pour bien montrer ses droits de baptisés, le laïc doit rester en laïc dans la célébration. » Mais d’autres rétorquent : « Il y a peut-être une façon de rester laïc, tout en manifestant par un élément vestimentaire que c’est bien, en tant que laïc, qu’on est investi d’une charge ecclésiale. »

Réglons d’abord une question. Si les laïcs, investis d’une charge liturgique, doivent porter un vêtement, il n’est pas question que ce vêtement soit celui des ministres ordonnés. Si prêtres et diacres utilisaient mieux leur vêtement spécifique (chasuble et dalmatique), les laïcs pourraient revêtir l’aube qui est le vêtement des baptisés. Mais ce n’est pas suffisamment le cas.

Quel vêtement ? Une sorte de châle de prière, de veste ample ou de cape assez large... On peut dire au moins que la question se pose et que des solutions se recherchent.

On peut dire aussi : plus des laïcs seront amenés à prendre des responsabilités dans la conduite d’une célébration, plus ils auront besoin que leur fonction soit reconnue comme venant de l’Eglise et non d’eux. Finalement, c’est à la fois pour eux-mêmes mais aussi pour les participants de la célébration qu’un vêtement liturgique peut être utile.

Prenons le cas des funérailles. Si ce n’est pas le prêtre qui les préside, les participants ont besoin de sentir que le laïc à qui est confiée la responsabilité de la célébration est mandaté officiellement.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/05/2021
1ère public.: 30/11/1997