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Dans le rythme

La liturgie n’est évidemment ni du théâtre, ni du cinéma. Elle comporte cependant une certaine mise en scène dans la mesure où elle propose le déroulement de séquences successives qui font avancer l’action en donnant à voir et à entendre. L’harmonieux enchaînement de la diversité des séquences dans la continuité de l’action est une affaire de rythme.

Temps forts, temps faibles

Nous avons déjà abordé la question des enchaînements des grandes parties de la célébration dans le chapitre 8 : L’art de célébrer dans le temps. Mais il faut entrer dans le détail.

Le fondement du rythme, c’est la succession de temps forts et de temps faibles. Il ne s’agit ni de valeur ni d’importance, car le temps faible n’est pas moins important que le temps fort. Il s’agit d’une dynamique de l’alternance où tout ne peut être au même niveau : il n’y a pas d’été sans hiver ni de jour sans nuit.

Cela dit, où est le fort, où est le faible en liturgie ? Il va plutôt s’agir d’action (un chant) et de repos (un silence), ou bien d’expression (une prière) ou d’écoute (une lecture), ou bien de participation active dans une « émission » (le Notre Père) ou dans une réception (la communion)... Bref, il est en tout cas bien question d’alternances, donc de rythme.

Accélérer ou retenir

Il est des moments où il faut comme accélérer le rythme (jamais le précipiter), et d’autres où il faut comme le retenir. Le dialogue initial de la Prière eucharistique, par exemple, doit aller de l’avant en trois vagues successives qui montent progressivement pour déboucher sur la proclamation de la préface.

Mais il en va autrement pour le Notre Père. Une fois dit l’Amen qui conclut la Prière eucharistique, le prêtre laisse un court instant de silence avant de prononcer la monition qui introduit le Notre Père. La manière de dire cette invitation va engager la manière de dire Notre Père. A la fin de la monition, une seconde de retenue est nécessaire pour permettre à l’assemblée de prononcer les mots : Notre Père. Quel dommage ce serait de n’entendre ces mots que de la seule bouche du président !

Et le lecteur, laisse-t-il un instant de silence entre l’annonce de la lecture et son début ? Et celui qui proclame l’Evangile, marque-t-il un bref temps d’arrêt entre le dernier mot du texte et « Acclamons la Parole de Dieu... » ?

Le chant

Toute musique a un rythme, a deux, a trois, a quatre temps... mais s’intègre dans un rythme qui est plus large qu’elle : le grand rythme de la célébration.

Il est bon que certains chants soient introduits par un prélude (si l’organiste le peut). C’est le cas du chant d’ouverture, du chant d’action de grâce, voir du refrain du psaume ou de l’Agneau de Dieu. En revanche, un Gloire à Dieu ou un Saint, le Seigneur doit commencer dans l’unanimité, sans autre préparation que la note (ou l’accord) initial.

L’animateur de chant doit faire en sorte que l’assemblée entonne elle-même les chants qui lui reviennent. C’est le cas des chants précédés d’un prélude, mais aussi des autres. Dans le cas particulier du Saint, le Seigneur, le rythme de la célébration peut être complètement brisé si l’assemblée ne sait pas quelle mélodie elle va chanter. Il y a donc intérêt à n’en pas changer tous les dimanches.

Le nombre des couplets d’un chant influe sur le rythme de la célébration. Il n’est donc pas déterminable une fois pour toutes. Il peut dépendre de la longueur de l’action qu’il accompagne (procession d’entrée ou de communion...). Du moins peut-on dire qu’un seul couplet ne suffira jamais à faire une bonne ouverture et que trop de couplets l’alourdiraient. En revanche, une seule strophe peut suffire pour un chant d’action de grâce après la communion.

Les paroles

A ce que nous avons dit du débit, au chapitre 8, nous ajouterons deux remarques. Toute phrase possède son propre rythme. Or, ce rythme ne se découvre pas à la première lecture. Cela signifie qu’il faut le chercher en préparant avant la célébration. C’est le cas des lectures bibliques, mais également des oraisons et de la Prière eucharistique : elles souffrent si souvent de ne pas avoir été préparées avant d’être dites en public.

Les dialogues entre le président et l’assemblée, au début de la célébration, avant chaque oraison, avant l’évangile, avant la préface (si utiles pour établir le contact) sont des lieux privilégiés pour établit un bon rythme, parce qu’ils mettent en place (bien ou mal !) ce qu’ils introduisent. Une fois de plus, la seconde d’arrêt entre : « Au nom du Père... Amen » et « Le Seigneur soit avec vous... » ou « La grâce de Jésus... » est déterminante.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/05/2020
1ère public.: 30/11/1996