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Célébrer et prier

Certains des fidèles qui ont une tâche particulière d’animation à assurer dans une célébration expriment un regret : tout en acceptant ce service, le fait de l’accomplir les empêche de prier : « Une messe où j’anime les chants est une messe où je ne peux pas prier ! »

On comprend tout à fait ce que signifie cette remarque, mais elle appelle cependant une mise au point.

Dissiper les malentendus

Si prier n’était qu’un discours privé adressé à Dieu dans une méditation recueillie et libre, alors, en effet, il y aurait peu de moments accordés à la prière en liturgie. Il y en a cependant : le silence entre « Prions le Seigneur » et la proclamation de l’oraison par le prêtre ; le temps de la préparation des dons ; le silence après la communion...

Réduire la prière à cette définition nuirait gravement à la participation des fidèles à la liturgie. Prier n’est pas que cela.

En liturgie, prier c’est aussi : écouter (ou faire) une lecture, entendre (ou faire) une homélie, recevoir des intentions à la Prière universelle, faire une procession d’entrée ou des dons. En effet, toutes ces actions, avec les prières explicitement formulées qui les accompagnent, constituent la « prière de l’Eglise » à laquelle chacun participe.

Ensuite, dans la liturgie, les actes de prière sont fort différents les uns des autres. Par exemple prier en chantant un Kyrie ou un Gloria n’est pas le même acte que prier durant la Prière eucharistique ou prier en récitant le Notre Père.

Enfin, en rigueur de terme, si la Prière eucharistique est bien une prière, tout entière adressée à Dieu qui fait grâce en donnant son Fils, elle est en même temps une action, « Faisant mémoire... nous offrons... pour rendre grâce... », et accomplir cette action n’est pas du même ordre que se concentrer (peut être en fermant les yeux) sur des pensées individuelles que l’on veut adresser librement à Dieu (ou au Christ, ou à la Sainte Vierge...).

La prière liturgique

La prière liturgique ne s’oppose pas à la prière privée, mais elle s’en différencie.

Célébrer, c’est entrer dans une action précise dont le déroulement et le contenu sont définis par l’Eglise (c’est ce que signifie le ‘urgie’ de liturgie, qui vient du grec ergon = travail, action, fonction).

En tant qu’elle est une action de l’Eglise, la liturgie n’est donc pas une action privée où l’on serait libre de faire ou de dire ce que l’on veut (voir Constitution sur la Sainte Liturgie, n° 26). Il y a, dans la liturgie, quelque chose qui est de l’ordre de la fonction publique, c’est-à-dire d’une délégation (le baptême) par l’autorité (l’Eglise) pour accomplir une tâche au service du peuple (la liturgie) : « Les fidèles incorporés à l’Eglise par le baptême ont reçu un caractère qui les délègue pour le culte religieux chrétien » (Constitution dogmatique sur l’Eglise, n° 11). La conséquence sur la prière est bien exprimée par le préambule de la Présentation générale du Missel romain (n° V) : « La vocation (du peuple de Dieu) est de faire monter vers Dieu les prières de toute la famille humaine. »

La liturgie est donc la prière de l’Eglise. Les actions particulières que nous avons à réaliser sont au service de cette prière et cela jusqu’à accepter d’être quasiment dépossédé d’une certaine tranquillité de recueillement.

Favoriser la prière

Il va de soi que tout sera fait, par ailleurs, pour favoriser l’indispensable part de recueillement de chacun des membres de l’assemblée. Quelques exemples :
 La propreté et le bon aménagement des lieux créeront un espace favorable.
 Le respect des temps de silence (déjà signalés dans ce chapitre) permettra aux fidèles de s’associer personnellement à la prière communautaire.
 Il en va de même des ministres, animateurs, servants de messe agissant ou se déplaçant avec calme.
 La bonne diction, précise et calme, des prières présidentielles ou des lectures laissera aux fidèles le temps de les recevoir pour les faire leurs.
 Les chants et les musiques instrumentales seront choisis pour leur capacité (texte et musique) à exprimer la prière célébrante et à susciter son intériorisation.

Certains détails peuvent paraître sans importance, mais la célébration est un tout. Beaucoup de fidèles ayant une vie chargée et parfois agitée durant toute la semaine, réclament que la célébration dominicale leur permette de prier. C’est l’art de célébrer des ministres et des différents animateurs qui répondra à leur demande.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/03/2021
1ère public.: 30/11/1996