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La sonorisation

Comme la langue, selon Socrate la sonorisation peut-être la meilleure et la pire des choses.

La meilleure. Elle transporte le son dans des endroits où la voix nue ne serait pas bien entendue. Elle permet donc une audition plus facile de ce qui est dit ou chanté durant la célébration.

La pire. Elle amplifie, mais elle amplifie tout, y compris les défauts de diction, d’intonation ou de prononciation. Par ailleurs, le volume sonore peut favoriser une redoutable prise de pouvoir. De plus, les variétés nous ont habitué à une amplification exagérée qui dénature la voix parlée ou chantée. Ceci n’est pas admissible en liturgie.

Du bon usage de la sonorisation

La première question à se poser, c’est de se demander si la sonorisation est indispensable partout, tout le temps et de la même façon, et donc pourquoi on l’utilise : pour transporter le son, où seulement pour amplifier le son, alors que ce n’est peut-être pas nécessaire ?

Partout ?

Par l’effet d’un mimétisme cédant à la mode médiatique, la presque totalité des lieux de culte est sonorisée, même les églises ou chapelles de petites dimensions. On a l’impression que la parole serait invalide et le chant déconsidéré, si la voix n’était pas sonorisée. C’est une erreur de le croire. La sonorisation, en certains endroits, peut nuire à l’authenticité de la parole ou du chant, en introduisant un artifice non nécessaire.

Tout le temps ?

La disposition des haut-parleurs (colonnes, enceintes) fait que le son qui parvient aux oreilles des auditeurs est le même quel que soit le lieu d’où il est émis. Qu’il vienne du président à son siège, du lecteur à l’ambon ou de la chorale, il est reçu indifféremment par l’intermédiaire du haut-parleur dont chaque auditeur est le plus proche. C’est l’aplatissement de tout relief sonore. Ce qui est perçu comme source, ce n’est pas le vrai-parleur, mais le haut-parleur ! Dans beaucoup de cas, c’est-à-dire sauf dans les très grands édifices, on gagnera en vérité et en beauté et à chanter tel chant ou à proclamer tel texte à voix nue, sans utiliser la membrane des haut-parleurs, mais en laissant aller le son naturellement des cordes vocales qui l’émettent au tympan qui le reçoivent.

De la même façon ?

Tout parler ou tout chanter à la même distance du micro est une autre façon d’aplatir le relief sonore. Il faut jouer avec les distances qui conviennent à l’action qui est accomplie : proclamer, prier, inviter, commenter, informer, etc.

On doit dire qu’en liturgie, on ne doit jamais se tenir à un centimètre du micro. C’est la distance de la vedette dans son one man show. Or, la liturgie n’est pas un one man show, ni du prêtre, ni de l’animateur de chant, ni des solistes.

Une dizaine de centimètres est la distance de l’intimité et du confidentiel. La communication dans la liturgie n’est pas de cet ordre, sauf en de rares occasions (telle prière, telle méditation... tels versets chantés d’un psaume...).

Une vingtaine de centimètres, c’est la distance la plus usitée par le président (prière, homélie...), par les lecteurs et les solistes.

Au-delà de 20 centimètres, c’est la bonne distance de proclamation solennelle : Evangile, la préface, la doxologie...

Lorsque le président prie ou chante avec l’assemblée (Kyrie, Credo, Sanctus, tous les refrains...), il doit s’éloigner encore davantage du micro, pour ne pas couvrir la voie de l’assemblée. Cette remarque vaut aussi pour l’animateur de chant.

Autres points pratiques

Puisqu’il y a trois lieux principaux de présidence, chacun de ces lieux doit avoir un micro, y compris le siège. Cela évitera que le président dise depuis l’ambon ou l’autel, ce qui doit être dit depuis le siège.

Faut-il régler la sonorisation une fois pour toutes ? C’est possible pour les célébrations habituelles, moyennant un contrôle régulier. Mais pour les grandes célébrations avec beaucoup de fidèles, il sera opportun de demander à quelqu’un de se tenir près de l’amplificateur.

La sonorisation d’une église est une chose délicate qui concerne autant le choix et l’emplacement des haut-parleurs que des micros. Savoir régler une chaîne hi-fi dans sa salle de séjour ou vendre du matériel ne signifie pas que l’on a la compétence nécessaire pour installer une sonorisation au service de la liturgie.

On apprend aux lecteurs à régler les micros à la bonne hauteur avant le début de la lecture. Et comme ce réglage est souvent source de bruits parasites, il faut prendre l’habitude de n’ouvrir le micro que lorsqu’il sert. Quand l’indication est On-Off, le moyen mnémotechnique pour se souvenir de la différence, et de se rappeler qu’il y a en « Off » des « f » comme dans « fermé ». Il en est de même avec un micro baladeur.

Il existe maintenant des micros plats à des prix abordables. En placer un sur l’autel évite que le micro ne fasse concurrence au calice.

Le micro-cravate est lui aussi la meilleure et la pire des choses. Il est, certes, très pratique. Mais il réclame de celui qui le porte une particulière attention à son comportement (toux, éternuements, raclement de gorge...) et une grande rigueur dans l’usage de la parole. Avec un micro-cravate, on peut être tenté de commencer à commenter l’Evangile en se rendant du siège à l’ambon ou de chanter à tue-tête de sorte qu’on entend plus qu’une voix dans l’église ! Le fait d’avoir en permanence un micro à sa disposition peut conduire à d’inconscientes prises de pouvoir : en parlant trop, on risque de concentrer l’attention sur sa personne, au lieu d’être là, dans l’assemblée, comme signe d’un autre, le Seigneur, vrai président de la célébration.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/09/2021
1ère public.: 30/11/1997