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Les rites de communion

Cinquième partie

L’invitation à la communion

Programme

« Puis, le prêtre montre aux fidèles le pain eucharistique qu’ils vont recevoir en communion, et les invite au banquet du Christ ; et en même temps que les fidèles, il fait un acte d’humilité, en reprenant des paroles évangéliques. » (PGMR n° 56-g)

Points d’attention

« Heureux les invités au repas du Seigneur » est la parole que prononce le prêtre en montrant aux fidèles le pain eucharistique. Il ne dit pas « Heureux sommes-nous... », certes plus chaleureux, mais qui exclut tous ceux qui ne sont pas présents et qui sont pourtant invités : les personnes âgées, les malades (alors que certains communieront chez eux !), les enfants et les jeunes qui ne veulent plus venir à la messe, tous ceux qui se sont éloignés de la pratique religieuse... Cette invitation est adressée à tous les hommes, les présents comme les absents, « les mauvais comme les bons », selon l’enseignement de Jésus (cf. la parabole du festin de noces, Lc 14,15-24).

Plus profondément, le repas du Seigneur ne se limite pas à l’eucharistie du moment. « Heureux les invités au repas du Seigneur ! Voici l’Agneau de Dieu... » nous renvoie aux noces de l’Agneau annoncées dans Ap 19,9 : « Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau ! » C’est à ce repas de la fin des temps, le banquet céleste, que nous sommes invités ; pas seulement nous, mais tous les hommes de tous les temps. Cette invitation n’est pas anodine, elle désigne la nature eschatologique de l’eucharistie partagée : une communion dans le Christ déjà à l’œuvre, mais aussi en attente d’achèvement.

Les paroles évangéliques prononcées par tous, en réponse immédiate à l’invitation, sont empruntées au centurion dont Jésus a dit : « Même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » (Lc 7,6-10). Ces paroles sont à la fois acte d’humilité profonde, acte de reconnaissance et confession de foi : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. » Elles ne doivent pas se déclamer ; elles se disent avec gravité pour faire place à la conscience intérieure de chacun.

La communion

Le Programme

« Il est très souhaitable que les fidèles reçoivent le Corps du Christ avec des hosties consacrées à cette messe même et, dans les cas prévus, qu’ils participent au calice, afin que même par ses signes, la communion apparaisse mieux comme la participation au sacrifice actuellement célébré. » (PGMR n° 56-h)

Points d’attention

L’Eglise a toujours gardé des parts de pain eucharistique pour le viatique, pour les malades ou les personnes empêchées : c’est la fonction première du tabernacle, bien avant celle de l’adoration. Cela a conduit, par facilité, à une pratique exagérée de la conservation, avec des ciboires pleins d’hosties. La conséquence est malheureuse pour la célébration de l’eucharistie : une grande partie de l’assemblée est contrainte de communier à la réserve consacrée à une autre messe parfois assez lointaine. Au contraire, l’Eglise exprime dans la PGMR son souhait que les fidèles communient « avec des hosties consacrées à cette messe même ». La communion n’est pas un geste isolé, c’est le quatrième des actes posés pour faire mémoire du Seigneur et accomplir ce qu’il nous a dit de faire : prendre du pain, rendre grâce, le rompre et le donner en nourriture.

S’il est possible de connaître le nombre de communiants à l’unité près dans le cas de petits groupes (en semaine notamment), il est possible de l’évaluer à la dizaine près le dimanche. Un comptage approximatif confié à un membre de la communauté, et effectué avant l’apport des oblats, évite d’en consacrer trop.

Pour ce qui concerne la communion au calice, on se reportera à « l’Art de célébrer » n° 39.

Il n’est pas inutile de rappeler, de temps en temps, notamment à l’égard des enfants et des jeunes, qu’il y a deux façons de recevoir le corps du Christ : en tendant la main ou en ouvrant la bouche. Ces deux façons ont une égale légitimité. On notera cependant que la communion dans la main est la plus ancienne et qu’elle fut la seule façon de faire durant les neuf premiers siècles de l’Eglise, tandis que l’autre s’imposa ensuite, essentiellement pour des raisons d’hygiène et de respect (les mains n’étant pas toujours très propres !).

Il est dit, dans le récit de l’institution, que Jésus « donna ». Cet acte est maintenu dans la liturgie : « les fidèles reçoivent le corps du Christ ». Qu’il s’agisse d’une messe ou d’une ADAP, le communiant (hormis le prêtre) ne se sert pas lui-même, il reçoit le corps du Christ.

Le prêtre est le ministre ordinaire de la communion, puisque, par lui, c’est le Christ lui-même qui se donne. C’est aussi pour cela, mais autrement, que le diacre a pour mission « d’aider le prêtre à donner la communion au peuple » (PGMR, n° 137). Enfin, lorsque cela est nécessaire (par exemple, pour que la communion ne dure pas exagérément), d’autres personnes peuvent être déléguées pour être ministres extraordinaires de la communion (PGMR n° 146) : elles y auront été préparées, car il s’agit là d’un véritable ministère, et seront envoyées par le président de la célébration comme le demande le Missel (voir Missel carré d’autel, p. 446).

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/01/2021
1ère public.: 30/11/1999