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Les rites de communion

Deuxième partie

La fraction du pain

Programme

« Le geste de la fraction, accompli par le Christ à la dernière Cène, a désigné toute la célébration eucharistique à l’âge apostolique. Ce rite n’a pas tellement un motif pratique, mais il signifie que nous qui sommes nombreux, en communiant à l’unique pain de vie, qui est le Christ, nous devenons un seul corps » (1 Co 10,17). (Présentation générale du Missel romain, PGMR n° 56 c).

« La vérité du signe demande que la matière de la célébration eucharistique apparaisse vraiment comme une nourriture. Il convient donc que le pain eucharistique, tout en étant azyme et confectionné selon la forme traditionnelle, soit tel que le prêtre, à la messe célébrée avec peuple, puisse vraiment rompre l’hostie en plusieurs morceaux, et distribuer ceux-ci à quelques fidèles au moins. Cependant, on n’exclut aucunement les petites hosties quand le nombre de communiants et d’autres motifs pastoraux exigent leur emploi. Mais le geste de la fraction du pain, qui désignait à lui seul l’eucharistie à l’âge apostolique, manifestera plus ouvertement la valeur et l’importance du signe de l’unité de tous en un seul pain, et du signe de la charité, du fait qu’un seul pain est partagé entre frères » (PGMR n° 283).

Points d’attention

Après « avoir pris » le pain à la préparation des dons et « rendu grâce » dans la Prière eucharistique, l’Eglise rompt le pain en mémoire du Seigneur Jésus qui, à la Cène, a « rompu » le pain pour le « donner » à ses disciples. « Rompre le pain » est le troisième des verbes du récit de l’institution, justifiant l’action de l’Eglise répondant à l’invitation de son Seigneur : « Vous ferez cela en mémoire de moi. » (Voir Art de célébrer 30)

C’est un geste si important que la fraction du pain fut, selon saint Luc (Ac 2,42), le premier nom de ce qui est devenu la messe. Ce geste réalise exactement ce que dit saint Paul (1 Co 10,16-17) : « Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. » Ce pain devenu le corps sacramentel du Christ est partagé pour que tous ceux qui en reçoivent une part deviennent un seul corps, le corps mystique du Christ.

Il faut préserver ce geste ou plutôt, dans beaucoup de cas, le réhabiliter, étant donné l’inépuisable richesse de son sens :
 La fraction du pain est une action qui est à faire pour elle-même. On ne rompra donc pas l’hostie au moment où l’on dit : « il le rompit » dans le récit de l’institution, pas plus qu’on ne donne la communion lorsqu’on dit : « il le donna. » Il ne s’agit pas de mimer le récit.
 Dès qu’il y a une assemblée d’une vingtaine de fidèles, on utilisera ce que l’on appelle une « grande hostie de concélébration » ayant 15 ou 20 centimètres de diamètre que l’on pourra rompre en plusieurs morceaux. On manifestera mieux ainsi qu’il y a « un seul pain ».

Il n’est pas nécessaire de faire la fraction du pain dans le champ du micro d’autel de telle sorte que le bruit en soit répercuté jusqu’au fond de l’église. Il n’est pas nécessaire, non plus, de faire le geste de manière ostentatoire les bras levés afin que tous le voient bien. Le geste doit être simple et respectueux, beau et ordinaire à la fois. C’est en voyant un morceau rompu présenté par le prêtre, lors de l’invitation « Heureux les invités au repas du Seigneur », que l’assemblée saisira la réalité de la fraction du pain. C’est pourquoi, il ne convient pas de reconstituer la grande hostie, en rassemblant les morceaux pour cette invitation : l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, c’est le pain rompu et partagé pour le salut du monde !

Le chant qui accompagne la fraction est l’“Agneau de Dieu” et non pas tout autre chant de paix dont le geste a déjà été accompli (si l’on veut vraiment accompagner d’un chant le geste de paix, dans des circonstances particulières où ce geste est mis en valeur, on attendra que ce chant soit fini pour rompre le pain, et on prendra alors l’“Agneau de Dieu”). Ce chant annonce que le Christ est le véritable agneau pascal, sacrifié puis partagé. Il situe la fraction dans le prolongement du sacrifice de communion pratiqué par le peuple juif (notamment pour la Pâque), et surtout dans l’actualité du sacrifice de communion du Christ donnant sa vie en partage pour la multitude. L’“Agneau de Dieu”, comme le « Sanctus », est irremplaçable.

Puisque ce chant accompagne la fraction, c’est la durée de ce rite qui détermine la longueur du chant. Sa forme litanique le permet : on chantera le nombre d’invocations qui convient (une, deux, trois ou plus).

Le moment de la fraction du pain est aussi le moment où s’effectuera la répartition du pain dans les coupes lorsqu’il y a plusieurs ministres de la communion, ainsi que la répartition du vin dans les calices lorsque les fidèles sont nombreux à communier sous les deux espèces.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/10/2020
1ère public.: 30/11/1999