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La prière eucharistique

Programme

C’est maintenant que commence ce qui est le centre et le sommet de toute la célébration : la prière eucharistique, prière d’action de grâce et de consécration. Le prêtre invite le peuple « élever les coeurs vers le Seigneur dans la prière et l’action de grâce, et il se l’associe dans la prière qu’il adresse à Dieu le Père par Jésus Christ, au nom de toute la communauté. Le sens de cette prière est que toute l’assemblée des fidèles s’unisse au Christ dans la confession des hauts faits de Dieu et dans l’offrande du sacrifice. » (Présentation générale du Missel romain, PGMR n° 54).

Points d’attention

Commençons par quelques remarques concernant le prêtre qui préside :

L’eucharistie est l’action de grâce du Christ à son Père. En tant que représentant sacramentellement le Christ, tête du corps qui est l’Eglise (Col 1,18), c’est au prêtre qu’il revient de dire la totalité de la prière. L’assemblée intervient dans le dialogue initial et aux chants du Sanctus, de l’anamnèse et de l’Amen conclusif. L’assemblée n’a donc pas à dire la prière (même pas une partie) avec le prêtre, à la messe, ou en son absence, lors d’une ADAP.

Mis à part le dialogue initial, le prêtre qui préside parle à Dieu et non à l’assemblée. Mais il parle à Dieu au nom de l’assemblée, comme le prouvent tous les verbes à la première personne du pluriel : nous proclamons, nous t’offrons, nous te demandons... Le prêtre ne donne pas un enseignement ; il ne prend pas à partie, mais il prie en faisant prier ceux qui l’écoutent, en tenant compte d’eux (en « les mettant dans le coup », si l’on nous permet cette expression). Ce n’est pas si facile. Comment y parvenir ?

Le ton du président priant n’est pas lent, mais calme, pour que chaque mot, chaque membre de phrase passe bien de sa voix à l’esprit des participants. Le ton n’est pas théâtral, mais assuré et venant de l’intérieur ; il n’est pas chantant, mais soutenu ; pas recto tono ; mais assez linéaire comme savent le faire les acteurs dans un long monologue. Les fins de phrases ne baissent pas, elles montent plutôt. Enfin, les coupes entre les membres de phrases et les pauses entre les phrases et, surtout, entre les paragraphes, facilitent une bonne réception de la prière et une bonne compréhension de son sens par ceux qui l’écoutent.

Grâce à ces précautions, le prêtre marque une certaine distance par rapport au texte. Il parle comme s’il ne lisait pas. C’est pourquoi le livre doit se faire oublier : qu’il soit donc devant le prêtre plutôt que sur le côté ; c’est la prière de l’Eglise, pas une lecture. Le chant, surtout au moment du récit de l’institution, peut, de temps à autre (aux fêtes), manifester cette distance.

La distance est aussi signifiée par un certain recul vis-à-vis de l’autel. Le prêtre ne peut pas s’y coller. Il doit y avoir quelques bons centimètres entre l’autel et son corps.

Programme

On peut distinguer comme suit les principaux éléments qui forment la prière euchanstique :

  1. L’action de grâce (qui s’exprime surtout dans la préface) : le prêtre, au nom de tout le peuple saint, glorifie Dieu le Père et lui rend grâce pour toute l’oeuvre de salut ou pour un de ses aspects particuliers, selon la diversité des jours, des fêtes ou des temps.
  2. L’acclamation : toute l’assemblée, s’unissant aux esprits célestes, chante ou récite le Sanctus. Cette acclamation, qui fait partie de la prière eucharistique, est prononcée par tout le peuple avec le prêtre (...) (PGMR, n° 55).

Points d’attention

L’action de grâce est précédée d’un dialogue initial. Puisque c’est au nom de l’assemblée que le président va prier, il est indispensable qu’il obtienne son accord et même son adhésion. Le ton du prêtre doit alors appeler la réponse de l’assemblée. Faut-il ajouter que ce n’est plus le moment de chercher la page de la préface. Le Missel doit être préparé avant la messe.

Quant à la préface, c’est le grand moment lyrique de la prière d’action de grâce. Le chant lui convient bien. Si l’on ne chante pas, on lui donnera une certaine ampleur, tout en évitant l’emphase.

La préface ne se termine pas par un point final ; les deux points ouvrent sur le Sanctus. Le verbe (nous chantons) appelle son complément d’objet (Saint...). La manière de dire cette conclusion doit appeler le chant du Sanctus par l’assemblée.

Dieu nous est proche en Jésus Christ. Mais il demeure « l’au-delà de tout » (saint Grégoire de Naziance). Il est le Dieu trois fois saint. Le chant du Sanctus est le moment solennel où l’assemblée et son président se placent en face de la majesté de Dieu et la célèbrent en communion avec l’Eglise du ciel. Le président peut s’écarter un peu plus de l’autel et par là même de son micro ; ainsi sa voix ne domine pas la voix de l’assemblée. L’orgue ne donne que les quelques notes ou accords nécessaires pour que toute l’assemblée (et non l’animateur seul) entonne l’acclamation. Le texte demande une musique large, posée, pas forcément bruyante, mais majestueuse, à l’image de la majesté de Dieu qu’elle acclame.

Une mélodie légère ou au rythme trop rapide ne conviendrait pas. Le chant du Sanctus doit être bien connu de l’assemblée et ne pas changer tous les dimanches : un même Sanctus, par exemple, pour tout un même temps liturgique. Ainsi, I’animateur n’a même pas besoin de le diriger.

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Centre National de Pastorale Liturgique

Devenu en 2007 Service National de la Pastorale Liturgique, un service de la Conférence des évêques de France (CEF).

(re)publié: 01/03/2020
1ère public.: 30/11/1998