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Potins du sacristain - Mai 2004

Voilà, vous êtes au bar de la Marine, où se trouve généralement le sacristain (il n’a que la place du village à traverser). Pas de chance ! Exceptionnellement, il n’est pas là ! C’est le patron du bar qui pourra nous répéter tout ce que le sacristain y a raconté ce mois-ci. Et puisque vous avez été nombreux à nous demander qui était le sacristain, vous pouvez le voir en photo au bas de cette page.

Oncle Pierre disait...

« L’homme est fait pour être le lieu où Dieu se révèle. »

Et il disait encore :
« Si Dieu est Amour, alors ma vie doit être d’aimer. »

La vitrine du Bar de la Marine

On peut se demander pourquoi le sacristain n’a pas encore dévoilé au grand public sa collection fabuleuse d’objets extraordinaires qui seraient ou auraient été l’occasion d’une dévotion populaire intense. Mais sa famille et lui même pensent que notre foi n’a pas besoin de cela. C’est donc uniquement avec sa passion de collectionneur qu’il a réussi à monter cet ensemble, inestimable aux yeux des marchands du temple. Suite à une pression insupportable de l’équipe d’animation de Port Saint Nicolas, il a accepté de présenter une partie de son musée personnel.

Ce mois-ci :
 Le dessin de Jésus
 La pierre qui tua Goliath
 La plume de l’archange Gabriel

Même quand on a raison, il faut prendre patience

Je distingue le Gloria et le Credo.
Le Gloria n’a pas un contenu très strict. Même si je préfère souvent le texte classique je ne m’offense pas quand une assemblée se retrouve dans un texte ou une mélodie plus accordé à ses goûts.
Pour le Credo, ce n’est pas pareil : il s’agit d’un texte de communion à l’Eglise en reprenant le « symbole » où s’exprime sa foi. Chanter autre chose ne peut avoir ce sens d’attachement à l’Eglise !
Mais je sais aussi que le côté difficile de la doctrine affirmée dans le Credo pousse certains à des formules plus personnelles mais qui ne peuvent jouer le rôle demandé. Mais, même quand on a raison, il faut prendre patience avec des groupes qui n’ont pas encore saisi la vraie richesse de la liturgie. Ce n’est jamais par la critique sévère ni par la condamnation définitive que l’on peut aider une communauté à respecter la richesse de la liturgie. Je connais trop de personnes intransigeantes qui ont souvent raison sur le fond mais qui ont tort de juger de haut des gens qui n’ont pas leur science ou leur sensibilité. L’évangile nous dit qu’il y a une manière de respecter le sabbat qui peut être mépris de l’homme ! Il y a des liturgistes qui découragent la prière des simples.
(Jacques Noyer, 24 janvier 2002, forum CEF « Dialogue avec l’évêque d’Amiens »)

La fable des casseurs de cailloux

Charles Péguy va en pèlerinage à Chartres. Il voit un type fatigué, suant, qui casse des cailloux. Il s’approche de lui : « Qu’est-ce que vous faites, monsieur ? » - « Vous voyez bien, je casse les cailloux, c’est dur, j’ai mal au dos, j’ai soif, j’ai chaud. Je fais un sous-métier, je suis un sous-homme. » Il continue et voit plus loin un autre homme qui casse les cailloux ; lui n’a pas l’air mal. « Monsieur, qu’est-ce que vous faites ? » - « Eh bien, je gagne ma vie. Je casse des cailloux, je n’ai pas trouvé d’autre métier pour nourrir ma famille, je suis bien content d’avoir celui-là. » Péguy poursuit son chemin et s’approche d’un troisième casseur de cailloux, qui est souriant, radieux : « Moi, monsieur, dit-il, je bâtis une cathédrale. » Le fait est le même, l’attribution du sens au fait est totalement différente. Et cette attribution du sens vient de notre propre histoire et de notre contexte social. Quand on a une cathédrale dans la tête, on ne casse pas les cailloux de la même manière.

Une école pour sonneurs de cloches à Moscou

Sur les bords de la Moskova, d’étranges vibrations rythmées viennent résonner chaque jour sur les murs bleus de la cathédrale Saint-Nicolas : une école, unique en son genre en Russie, forme les sonneurs de cloches.
Le « Centre des cloches », installé dans la cathédrale Saint-Nicolas sur Zayaïtski, a été fondé en 1995 par Viktor Charikov, ingénieur en aéronautique. Depuis il a formé plus de 500 sonneurs professionnels. Par groupes de 15 à 25 personnes, ils ont appris l’art du sonneur, au rythme de deux heures par semaine de théorie, et cinq heures d’entraînement sur trois ensembles de cloches suspendues (petites, moyennes et grande), dans une vaste salle aux murs roses, assourdie de contre-plaqué. Le Centre des cloches, que visitent des orthodoxes venus du monde entier, est aussi de plus en plus sollicité pour conseiller cathédrales et couvents dans leurs acquisitions, aider à l’accrochage des cloches, aux réparations ou aux réajustements. Et même, souvent, pour donner des concerts.
Chaque église de Moscou comptait à l’époque des tsars une dizaine de cloches. Après la révolution bolchevique, nombre de celles-ci disparurent, vendues à l’étranger, ou fondues pour les grands travaux et l’industrie militaire. Mais les lieux saints de Russie ont commencé à se rééquiper, alors que quelques entreprises ont redémarré pour fabriquer bourdons et clochettes. Les statuts des sonneurs de cloches, édités par l’école de Victor Charikov, seront publiés cet été en anglais, français, grec et allemand. Mais dans la semaine qui suit la Pâque orthodoxe, les églises russes ouvrent leur clocher au quidam, et pendant sept jours, en dehors des offices, tout un chacun peut se décréter sonneur.
(AFP, 24 avril 2004)
http://www.comail.ru/ moskolcentr/french.htm

Port Saint Nicolas et le cadeau de confirmation

Il y avait une fois une petite fille native d’Allemagne qui allait faire sa confirmation ; or cette petite fille avait en France une correspondante qui voulait à cette occasion lui faire un cadeau... Elle lança un appel par l’intermédiaire de Port Saint Nicolas, car elle ne savait comment faire. A Berlin existait une fée qui visitait Port Saint Nicolas et qui lui donna l’idée d’acheter des livres passionnants... Et tout le monde fut heureux !
Moralité : « Quand l’Esprit doit être fêté, quand cadeau on doit chercher, à Saint Nicolas il faut demander. »

L’âne contemplatif

Il a beaucoup marché, le petit âne, durant son service auprès de la Sainte Famille. Les Césars l’y ont obligé avec leur prétention ridicule de posséder la terre et les hommes de toute la terre. Il lui a fallu fuir devant Hérode, aller en Égypte et en revenir, sans parler des mille services quotidiens qu’on demande à un âne.
Malgré sa tête dure, il sait le psautier par cœur, tant il a entendu cette belle prière, qui chante sur tous les tons les louanges du Seigneur, jaillir spontanément, et à tout instant, des lèvres de ses maîtres. A l’exemple de ceux-ci, il a mis en pratique, avant la lettre, l’enseignement de saint Paul : « Portez les fardeaux les-uns des autres ; accomplissez ainsi la loi du Christ. » (Gal 6,2)
Puis, passé ce temps-là, il a quitté son service pour un autre, non moins important, non moins utile aux hommes : il a pris place sur les images et, depuis bientôt deux mille ans, il n’a plus rien d’autre à faire que de rester là, devant la crèche, et de méditer. Mais ce bonheur n’est donné qu’après une longue marche.
« Le plus grand et le plus beau voyage qu’on peut faire ici-bas », nous dirait-il, fort de son expérience personnelle, « c’est de pénétrer au fond de soi-même, et d’avancer le plus loin possible dans ce chemin qui n’est ni tracé ni borné. On y découvre les valeurs fondamentales dont chacun garde la nostalgie, et qu’il cherche curieusement à rejoindre avec des jambes qui se fatiguent pourtant bien vite. »
Mais la méditation fait déboucher le petit âne sur une autre route plus large encore : la contemplation. Celle-ci et celle-là sont des échanges avec le ciel. La méditation, c’est la terre qui explore le ciel ; la contemplation, c’est le ciel qui éclaire la terre et ses myriades d’étoiles.
L’âne reste ainsi une vivante invitation au voyage, au vrai voyage. Non dans une voiture bien suspendue, d’où l’on ne voit qu’une partie du paysage, et où d’ailleurs l’aspect déplacement est primordial. Car on ne « voyage » plus aujourd’hui, on se « déplace ». On escamote de plus en plus le paysage, dans le but de rapprocher les lieux, l’idée étant de les coller l’un à l’autre. On ne s’aperçoit pas que la vitesse tue la lenteur, et, avec elle, une richesse immense. L’homme, ici-bas, ne vit ni dans son départ, ni dans son arrivée, mais dans l’entre-deux. C’est dans cet espace, qu’il voudrait vider, que se trouve pourtant sa nourriture et l’air qu’il respire.
La lenteur fait rentrer les choses en nous, alors que la vitesse nous fait rentrer dans les choses (au sens propre parfois, et non seulement au figuré !). Nous mangeons notre grand Livre si nous le lisons lentement ; il nous mange si nous le lisons vite et superficiellement.
La vitesse existe, et il faut apprendre à l’utiliser. Mais j’ai vaguement dans l’idée que bien utiliser la vitesse consiste toujours à la transformer en lenteur.
(Extraits du livre : « Un sauveur vous est né » de frère Marcel DRIOT, moine de l’abbaye de la Pierre-qui-Vire)

L’énigme du sacristain

La réponse vous est donnée en envoyant par email votre solution à jules.lagoutte portstnicolas.org.

Quel précurseur des informaticiens a fait ce pari ?
"Ne parier point que Dieu est, c’est parier qu’il n’est pas.
Lequel prendrez-vous donc ?
Pesons le gain et la perte en prenant le parti de croire que Dieu est."

La photo du sacristain

Mais non, Pongo (canis presbyteriensis), ça fait longtemps que le sacristain a quitté ses bottes...

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Jules LAGOUTTE

Patron du Bar de la Marine de Port Saint Nicolas.

(re)publié: 01/05/2004