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Annexe Potins du sacristain - Avril 2003


Si j’ai bien toute ma mémoire,
disait Dieu dans un coin du ciel,
j’avais commencé une histoire
sur une planète nouvelle, toute bleue.
Bleue, pour ne pas qu’on la confonde.
Je vais aller m’asseoir sur le rebord du monde
voir ce que les hommes en ont fait.

J’y avais mis des gens de passage,
j’avais mélangé les couleurs,
je leur avais appris le partage.
Ils avaient répété par cœur :
« Toujours ! » Tous toujours dans la même ronde.
Je vais aller m’asseoir sur le rebord du monde
voir ce que les hommes en ont fait.

Je me souviens d’avoir dit aux hommes :
Pour chaque fille une colline de fleurs.
Puis j’ai planté des arbres à pommes
où tout le monde a mordu de bon cœur.
Et partout, partout des rivières profondes.
Je vais aller m’asseoir sur le rebord du monde
voir ce que les hommes en ont fait.

Soudain toute la vie s’arrête.
Il paraît que les fleuves ont grossi,
les enfants s’approchent, s’inquiètent.
Et demandent : « Pourquoi tous ces bruits ? »
Dieu qui s’est assis sur le rebord du monde
et qui pleure de le voir tel qu’il est !
Dieu qui s’est assis sur le rebord du monde
et qui pleure de le voir tel qu’il est !

Francis CABREL, 6 juin 1993

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(re)publié: 01/04/2003