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Potins du sacristain - Septembre 2002

Voilà, vous êtes au bar de la Marine, où se trouve généralement le sacristain (il n’a que la place du village à traverser). Pas de chance ! Exceptionnellement, il n’est pas là ! C’est le patron du bar qui pourra nous répéter tout ce que le sacristain y a raconté ce mois-ci. Et puisque vous avez été nombreux à nous demander qui était le sacristain, vous pouvez le voir en photo au bas de cette page.

Oncle Pierre disait...

« En déplaçant sur Dieu les responsabilités, nous les esquivons. »

Et il disait encore :
« J’ai bien peur, mon Dieu, que ta conception du bonheur ne soit pas toujours la mienne. »

Au fond du puits

Depuis qu’un jour, il m’a demandé tout à fait à l’improviste de lui apprendre à prier, Mohammed a pris l’habitude de venir s’entretenir régulièrement avec moi. C’est un voisin. Nous avons ainsi une longue histoire de partage... Un jour, il trouva la formule pour solliciter un rendez-vous : « Il y a longtemps que nous n’avons pas creusé notre puits ! » Une fois, par mode de plaisanterie, je lui posai la question : « Et au fond de notre puits, qu’est ce que nous allons trouver ? De l’eau musulmane ou de l’eau chrétienne ? » Il m’a regardé, mi-rieur, mi-chagriné : « Tout de même, il y a si longtemps que nous marchons ensemble, et tu te poses encore cette question... tu sais, au fond de ce puits-là, ce qu’on trouve, c’est l’eau de Dieu ! »

(Un des sept moines de Tibhirine)

Mon royaume n’est pas de ce monde

Ayant peur d’être envahis par les ressortissant des pays pauvres, on estime à 6 000 le nombre de visas refusés aux ressortissants des pays pauvres voulant participer aux JMJ, que l’Eglise voulait universelles.

En 1940, les bénédictins de la Pierre-Qui-Vire (monastère chéri du sacristain) avaient acheté 140 hectares de friches au Vietnam, ils avaient créé un lac alimentant en eau les villages voisins, crée des plantations, des écoles et des dispensaires. Le gouvernement local a décidé de récupérer ces terrains pour en faire un parc de loisirs. Les moines doivent maintenant demander l’autorisation de puiser de l’eau dans « leur » lac et se battent pour garder l’orangeraie, devenue leur unique moyen de subsistance.

Bien que possédant et animant le quart des centres de soins contre le SIDA, l’Eglise catholique n’a pas été invitée à la 14e Conférence Mondiale sur le SIDA.

Grâce à l’autorisation de Olivier de BERRANGER, ami de Port Saint Nicolas, et de son équipe de prêtres, la cathédrale Saint-Denis - où sont enterrés rois et reines de France - peut servir d’asile aux migrants sans papiers.

Et pourtant on trouve des croix sur toutes les montagnes de France...

Rendre Dieu visible par des gestes de liberté

Fr. Timothy RADCLIFFE, ancien maître général des dominicains : « Le christianisme propose-t-il une grande histoire ? J’ai cherché à expliquer que le christianisme en a une, mais que celle-ci est sans comparaison avec les grandes histoires théoriques qui ont tant fait souffrir l’humanité. Salman Rushdie a dit que toutes les histoires parlent du départ de chez soi ou du retour. Je crois que c’est vrai. Les grandes histoires de ce siècle - le fascisme, le nazisme, le communisme et même la philosophie de l’économie de marché - nous ont raconté comment atteindre la grande utopie. Elles nous ont dit comment le monde allait évoluer. (...) Je ne crois pas que le christianisme fasse la même chose. Il nous offre moins une connaissance qu’une sagesse. La sagesse nous dit comment vivre en vue de la fin mais sans nous dire ce qui se passera sur le chemin. Le sage est celui qui vit en vue de la fin ultime, il est celui dont la vie indique l’ultime destinée. La sagesse nous dit comment vivre dans cet interstice entre la dernière Cène et la résurrection des morts. » (extrait de « Où allons-nous ? », conférence donnée en 1998)

Et encore : « Le défi de notre mission est de rendre Dieu visible par des gestes de liberté, de libération, de transformation. (...) Nous avons besoin de ces petites irruptions de la liberté incontrôlable de Dieu et de sa victoire sur la mort. Curieusement, je me rends compte que ce sont des images séculières qui me viennent à l’esprit plutôt que des images religieuses pour évoquer (les) happenings de Dieu : la petite silhouette devant le char, place Tien-An-Men à Pékin, ou la chute du mur de Berlin. Quelles images explicitement religieuses pourraient nous suggérer les happenings de la Révélation ? Peut-être cette communauté de moniales dominicaines dans le nord du Burundi où des Tutsis et des Hutus vivent et prient ensemble, dans la paix, au azur d’un pays frappé par la mort. Le petit monastère, entouré de la verdure des champs cultivés dans une campagne brûlée et stérile, est un signe de Dieu qui empêche la mort d’avoir le dernier mot. Un autre exemple serait la petite communauté que j’ai visitée à Belfast, en Irlande du Nord. Des catholiques et des protestants y vivent ensemble. (...) Nous ne savons pas si la paix est proche ou si la violence va encore s’aggraver, mais, dans ces lieux, se trouve une parole faite chair qui manifeste avec splendeur et simplicité le dessein ultime de Dieu. » (extrait de « La mission dans un monde en fuite », conférence donnée en 2000)

L’église et le vélocipède

En 1883, le cardinal Sarto dépêche ce mandement à l’attention de ses prêtres (dix ans plus tard, il sera le pape Pie X) : « L’usage du vélocipède et de la bicyclette s’est tellement répandu parmi les laïcs qu’on ne croit plus, aujourd’hui, pouvoir vivre sans cela ; comme cette nouveauté paraît prendre faveur auprès du clergé, je juge nécessaire d’ordonner aux ecclésiastiques qu’ils aient à s’en abstenir. Mes séminaristes savent déjà ce que j’en pense. Je prie les curés de me signaler ceux qui, pendant les vacances, m’auraient désobéi. Je dois, naturellement, défendre à tous mes prêtres ce que j’ai défendu aux clercs. Rien, en effet, ne me semble plus contraire à la dignité d’un ecclésiastique que de s’asseoir à califourchon sur une machine de cette sorte : cette attitude n’étant pas en harmonie avec la gravité qu’exige notre état. Tout ce qui nous rapproche des habitudes laïques nous expose au reproche de frivolité. On ne manquera pas d’objecter les avantages de la bicyclette : la rapidité avec laquelle le prêtre se porte au chevet des malades, l’économie de ce mode de transport... Toutes ces considérations ont, en effet, leur poids. Mais elles doivent céder avant la dignité et le sérieux qui sont les premiers devoirs du prêtre. » (Almanach Sainte-Odile 2002 du diocèse de Strasbourg)

L’énigme du sacristain

La réponse vous est donnée en envoyant par email votre solution à jules.lagoutte portstnicolas.org.

(énigme de circonstance août 2002)

Pour être efficace comme lui, il faut savoir se faire oublier, ne pas s’imposer car alors on devient « imbuvable ».

La photo du sacristain

Le sacristain qui savoure les rares rayons de soleil de cette année. Vous le reconnaissez facilement, il a un maillot de bain rouge.

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Jules LAGOUTTE

Patron du Bar de la Marine de Port Saint Nicolas.

(re)publié: 01/09/2002