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Potins du sacristain - Septembre 1997

Voilà, vous êtes au bar de la Marine, où se trouve généralement le sacristain (il n’a que la place du village à traverser). Pas de chance ! Exceptionnellement, il n’est pas là ! C’est le patron du bar qui pourra nous répéter tout ce que le sacristain y a raconté ce mois-ci.

Le sacristain a différé ses vacances cet été pour pouvoir participer aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Paris. Voici ce que le père Thierry BUSTROS lui a dit juste après :

Partout ça grouille de monde. Ici c’est le tambour, là la caisse-claire et la corne. Les chants et la danse. On ne sait pas bien où l’on doit se placer, mais on est là, et on attend. Puis on acclame, on donne trois fois plus de force aux chants, aux « Viva ! ». Et l’on attend, on est en quête de joie, de se sentir ensemble, de se reconnaître vivants, capables de faire joyeusement corps. Capable de faire Eglise ?
A l’autre bout, une même attente, mais vécue autrement. L’attente que le calme se fasse, que l’écoute s’instaure, que la profondeur advienne. On se sait pas bien comment le dire, mais on est en quête d’une prise de conscience que les jeunes ne nous semblent pas avoir, d’une reconnaissance des valeurs essentielles, d’une reconnaissance de ceux qui ont œuvré avant nous pour le bien ; qu’ils aient juste marqué leur temps par leurs travaux, qu’ils soient ou non proclamés bienheureux, saints... Le regard est grave, fatigué, parfois étonné, souriant puis crispé. Seigneur, est-ce ton Eglise là-devant ?
Enfin c’est la rencontre, les retrouvailles. Une parole se donne comme pour dire : « Vous êtes l’avenir, mais ne le soyez pas n’importe comment ! » Elle se donne lentement à attendre, avec le désir d’être intériorisée, méditée. Elle a pris son poids dans la connaissance de l’homme et la méditation de la Parole de Dieu. Elle va à la rencontre d’autres paroles : cris de joie, rires, interpellations insouciantes, aussi colorées qu’exotiques. Elles ont peut-être pour source la joie insouciante de vivre en enfants de Dieu. Ces paroles se donnent, un peu comme l’incessant murmure de la nature qui n’aime pas le silence et qui inlassablement clame que la vie, c’est ça ! Enfin ça, mais pas seulement. Ça et le Rwanda, ça et la rentrée politique, ça et les exploits sportifs, les fêtes de la libération, et..., et..., et encore ça..., ça dans tout ça.
Puis l’on repart avec peut-être un peu d’amertume : c’est déjà passé, qu’en ressortira-t-il ? Dieu seul sait. Mais c’est dit : « Seigneur, c’est pour eux que je prie. » On n’a rien vu, on n’a pas tout entendu, c’était bien long, il faisait chaud... Mais on était là. Lui, on l’a vu, acclamé, on a prié pour lui, certes de loin, mais on pourra dire qu’on y était... Le tee-shirt, la photo, le carnet, tout en témoignera... Et la rencontre touche à sa fin : que s’est-il joué dans tout cela ? Qu’est ce qui a bien pu se donner à voir ? Que faut-il en garder ? Quelle suite pour que demain, un pas de plus soit fait ? Seigneur, que l’Esprit parle à notre esprit, dans le silence.

Le sacristain se réjouit que certains sont prêts à recommencer les JMJ dès demain. Il se demande cependant si c’est dû à l’expérience de foi où parce qu’il s’agissait d’hôtes agréables à accueillir. Au goût du sacristain, plusieurs personnes insistent un peu trop sur la discipline...
 Jean : « Ces jeunes ont fait tout leur possible pour ne pas perturber la vie en famille. Tout était net, propre... Mais les liens avec eux étaient très courts... dommage ! »
 Alain : « Du côté des contacts en famille, c’était un peu frustrant par rapport à l’accueil des jeunes venus pour le rassemblement de Taizé... Mais j’ai découvert une population très proche de nous ! »
 Antoine : « Ils ont été formidables et discrets. J’ai eu du mal à communiquer avec eux, mais je vais maintenant pouvoir m’exprimer en leur écrivant et en faisant traduire ma lettre... »
 Odile : « On sentait des jeunes très bien élevés ! »
 Corinne : « Cela m’a permis de connaître de nombreux Caudaciens (habitants de La Queue-en-Brie, NDLR). »
 Jean : « Le programme était trop chargé pour des contacts en famille. J’aurais eu plaisir à leur faire apprécier la cuisine française !... Ils nous ont invités en Slovénie ! »
 Eugénie : « Nos filles avaient hâte de les voir arriver et demandaient : ’’Quand arrivent les cousines ?’’ On s’est attachés les uns aux autres. »
 Pierre : « Cela m’a intéressé de préparer, en équipe, les temps de prière du matin pour une communauté de jeunes dont nous ignorions le nombre et la nationalité ! Quand on a appris qu’il s’agissait de Slovènes, il a fallu chercher dans l’atlas où était exactement la Slovénie ! »
 René : « On a reçu un jeune couple formidable. »
 Odette : « Ils ne s’attendaient pas à être si bien accueillis. C’était un groupe de pèlerins bien disciplinés. »
 Isabelle : « Avec les jeunes du Honduras, de Thaïlande, de Pologne, d’Algérie, du Liban, de Syrie, du Burkina-Faso, l’ambiance était extra à la soirée de Villiers ! »
 André : « Heureusement qu’il y avait la veillée de mercredi pour entrevoir toutes les autres nations représentées à ces JMJ ! »
 Patrice : « La veillée du mercredi à Villiers : un peu dommage que les groupes ne se soient pas mélangés davantage ! »
 Raymond : « Ils ont été d’une correction exemplaire. »
 Bernard : « On est prêts à remettre cela ! »
 Didier : « On est prêts à recommencer ! »

Heureusement, en continuant d’écouter les réactions après les JMJ, le sacristain a pu venir à la conclusion qu’il s’agissait de véritables pèlerins...
 Annie : « A la messe de samedi matin, on a bien compris que c’était pas des touristes, mais des croyants ! »
 Michel : « On les a emmenés voir Paris by night. A ma grande surprise, ils ont tenu à entrer au Sacré-Cœur pour un temps d’adoration et y sont restés... 3/4 d’heure ! Du coup, j’ai prié avec eux. »
 Didier : « On les a sentis avec une foi profonde qui nous renforce dans notre foi catholique ! »
 Isabelle : « Il y avait une énorme joie de vivre et une énorme foi ! »
 Antoine : « Ça a été un coup de fouet pour ma foi et pour l’Eglise de France ! »
 René : « Le jeune couple qu’on a reçu était très croyant et récitait le Benedicite avant le repas. »
 Odette : « Ceux qu’on a reçus étaient déjà venus à Taizé. C’était vraiment une démarche de foi. Ils nous ont posé des questions très précises et nous ont entraînés dans leur démarche de pèlerins... et notamment à la prière du matin ! Ils semblaient sensibles à l’histoire religieuse de la France et notamment à la vie des nombreux saints de notre pays. »

D’autres découvertes encore, au fil des rencontres avec les participants (et ceux qui les ont ratées)...
 Pierre : « Ce fut pour moi la découverte de la catholicité de l’Eglise, chacun priant dans sa langue maternelle. J’ai aimé leurs chants religieux, l’expression paisible de leur foi, et que nous puissions être plusieurs familles d’accueil à ces temps de prière du matin. »
 Denise : « Les JMJ, c’est ce que nous ont montré les médias à la télévision, ce que nous avons lu dans les journaux ; mais c’est aussi ce qui s’est vécu à plus petite échelle sur les sites d’hébergement. »
 Une responsable de l’accueil : « J’ai pu à cette occasion avoir des contacts et découvrir des familles de ma petite commune de La Queue-en-Brie que je n’aurais sûrement jamais côtoyées autrement. Certaines ne viennent pas régulièrement en paroisse, mais lors de l’appel général pour accueillir des jeunes d’autres pays, elles ont répondu : ’’Présent !’’ L’amour des autres, c’est aussi cela. Merci à tous les anonymes qui ont permis la réussite des JMJ. A cause d’eux, j’ai envie de croire encore plus en Jésus Christ ! »
 Mélanie : « Il y a un an, j’ai entendu Dubost énoncer le programme des JMJ. Lorsqu’il a parlé de la chaîne de la fraternité, je me suis dit intérieurement que c’était un événement à ne pas manquer. Parce que je suis jeune, mais aussi parce que je suis catholique, il m’a semblé important de participer à cette chaîne. Et ce matin, entourée de milliers de personnes venues du monde entier, j’ai prié, j’ai chanté, puis j’ai observé un temps de silence. Moment intense où j’ai compris que j’étais à ma manière un maillon de paix et de joie. En espérant que cela dure... »
 Pedro : « En tardant à m’investir dans toute cette semaine, j’ai conscience d’avoir raté une occasion unique. Alors, les prochaines JMJ à Rome, je serai le premier à y arriver ! »

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Jules LAGOUTTE

Patron du Bar de la Marine de Port Saint Nicolas.

(re)publié: 01/09/1997