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Potins du sacristain - Septembre 1996

Voilà, vous êtes au bar de la Marine, où se trouve généralement le sacristain (il n’a que la place du village à traverser). Pas de chance ! Exceptionnellement, il n’est pas là ! C’est le patron du bar qui pourra nous répéter tout ce que le sacristain y a raconté ce mois-ci.

Les réactions du voyage pontifical en France

Avant

- Les catholiques d’aujourd’hui n’ont aucune prétention à imposer leur vision de l’homme. Mais parce qu’ils ont reçu, par grâce, un certain sens de la personne humaine et de Dieu, ils veulent le confronter et le partager avec d’autres. Leur silence serait, pour eux, une désertion, et, pour la société, une perte.
(B. Chenu)
- A propos des étapes du voyage de Jean-Paul II, le Conseil permanent de l’épiscopat indique que ce qu’elles ont en commun, c’est que ces saints, les lieux et les temps concernés ont été des étapes marquantes dans l’évangélisation de la France. Le pape nous invite à commémorer ces étapes pour en tirer un nouvel élan... On pourrait résumer ainsi l’objectif : « Héritiers de la foi, bâtissons l’avenir. »
- On ne peut lui demander de suivre les caprices de l’opinion. Pour avoir choisi cette facilité, l’ancien évêque d’Evreux a certes gagné, dans l’immédiat, en audience médiatique. Rien n’est plus simple, en effet, que de flatter les modes. Mais l’Eglise de Rome n’a pas à se plier aux injonctions temporelles. Sa mission est de demeurer une référence. Elle est là pour rappeler le caractère transcendantal de la personne humaine.
(I. Rioufol)
- Tranquillement le pape passe. Il sera bientôt parmi nous où il est toujours chez lui. Taisons-nous pour l’écouter et prier avec lui et pour lui. Ce sera un grand moment de grâce. Là où le mal abonde, la grâce surabonde, nous dit saint Paul.
(J.B. d’Onio)

Pendant

- Car ce baptême ne donne pas des droits aux catholiques français, mais des responsabilités, des devoirs de s’engager au service de la nation et de son idéal de liberté, d’égalité et de fraternité. Le saint évêque de Tours nous rappelle que l’attitude fondamentale de tout homme doit être empreinte de délicatesse et de respect, de partage et de compassion pour chacun de ses frères en humanité. Fidèles à l’Evangile et à l’exemple du Christ, les chrétiens sont, aux côtés de leurs compatriotes, des partenaires à part entière dans la vie de la cité, cherchant à agir avec désintéressement et générosité. La charité, la justice et le sens de l’autre sont la source inspiratrice et l’énergie vivifiante de leur engagement.
(Jean-Paul II)
- Merci au pape d’exister. Merci, par-delà l’anecdote et les péripéties de la grotesque « affaire Clovis » de jouer son rôle de pape. (B.H. Lévy)

Après

- Le diagnostic qu’il a permis pourrait être un premier pas vers la réduction de nos fractures. Ce n’était pas la tunique du Christ que Jean-Paul II est venu recoudre. Pour les autorités de la République comme pour les exclus de la société, il a trouvé les mots qui convenaient et il en a sans doute surpris plus d’un en sachant parler aux couples d’amour et de sexualité. En laissant clairement entendre qu’il comprenait la souffrance des divorcés remariés. Ou bien encore, clin d’œil malicieux et amical, en souhaitant à la France et aux Français d’être toujours plus fidèles à leur devise républicaine de ’’Liberté, Egalité, Fraternité’’. Aux autres frères chrétiens, aux amis juifs et musulmans, à tous les hommes et femmes de bonne volonté, il est venu proposer d’inventer ensemble un avenir plus digne de l’homme. Le ciel de France avait un air de fête multicolore. A nous maintenant de le faire descendre sur la terre.
(J.C. Petit)
- Les catholiques français, fiers à juste titre de leur histoire et de leurs traditions... Auraient-ils retrouvé dans les grands rassemblements de la semaine, et surprenant tout le monde, la joie de se regrouper pour prier et écouter la parole de Dieu ? La fête collective sera toujours la meilleure des thérapies pour répondre à la morosité nationale ou ecclésiale. Mais les caméras ne nous montraient pas une foule hystérisée par un sentiment exalté d’appartenance commune ; plutôt des individus venus participer à une affaire qui revêtait pour eux un sens fort. Aux antipodes des idées reçues sur la déchristianisation, le rassemblement de Reims était gros de mille questions.
(P. Meyer)
- Le cinquième voyage de Jean-Paul II en France se solde par un lot de divines surprises. Là où l’on attendait un pape dur, crispé sur des positions morales rejetées par la majorité de ses contemporains, l’on n’a jamais vu qu’un pontife paisible, empli de compassion, et doté, encore une fois, d’une réelle intelligence politique.
(C. Makarian)
- Voilà un pape qui met en parallèle les relations sexuelles d’un couple et l’union du Christ et de l’Eglise. Une petite révolution. Une bonne révolution.
(J. Duquesne)
- Chacun voit et entend à sa façon le pape. D’où ces effets constants de décalage. Les sœurs dominicaines de Tours ont peut-être trouvé la bonne solution : en enregistrant la voix de Jean- Paul II pour le nouveau site Internet de l’Eglise de France. De quoi rendre le pape définitivement proche de tous. Le pape aura achevé son voyage à son avantage, grandi par les nabots.
(C. Imbert)
- En communion avec ce voyage, Claverie assassiné début août écrivait ceci en janvier : « On parle de tolérance, je trouve que c’est un minimum et je n’aime pas trop ce mot, parce que la tolérance suppose qu’il y ait un vainqueur et un vaincu, un dominant et un dominé, et que celui qui détient le pouvoir tolère que les autres existent. On peut évidemment donner un autre sens à ce mot, mais j’ai trop l’expérience de ce qu’il signifie dans la société musulmane dans son acception condescendante pour l’accepter vraiment. Bien sûr, il vaut mieux que le rejet, l’exclusion, la violence, mais je préfère parler du respect de l’autre. »
(P. Claverie)

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(re)publié: 01/09/1996