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Le cierge

Henri est atteint d’une grave maladie. Il est totalement dépendant. Il ne peut même pas tourner la page d’un livre... Son épouse, ses enfants et petits-enfants l’entourent d’une grande affection et dans ses propos qui font jaillir les pleurs, il reconnaît tout ce qu’il reçoit d’eux.,

Des amis sont aussi autour de lui. Ils n’ont pas peur de faire des kilomètres pour le voir. Parmi eux, un ancien camarade d’armée qui vient de l’autre bout de la France. Il y a également un couple très proche. L’un et l’autre se disent totalement incroyants mais reconnaissent pourtant tout le réconfort qu’Henri puise dans sa foi. Ils en sont étonnés. Et le mari lui lance cette boutade : « Tu vas peut-être me faire changer ! » Encouragés par le témoignage de leur ami et comme en écho, tous deux lui avouent qu’ils sont allés dans un sanctuaire mettre un cierge. Ce geste l’a profondément touché et il le reconnaît devant ses visiteurs.

De toute évidence, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas peuvent se rejoindre et si, pour certains, avoir la foi nécessite des comportements religieux et des observances rituelles, pour d’autres de tels critères ne sauraient suffire à distinguer avec pertinence croyants et non croyants.

Ne faudrait-il pas revenir au message évangélique qui met la personne au centre de toute relation ? C’est ce qu’a fait Jésus à l’égard de ceux et celles qu’il a rencontrés et remis debout. Il va même plus loin quand il évoque la rencontre ultime avec Lui : il ne sera pas question de juger les hommes sur leur profession de foi mais sur le service de l’autre : « J’étais malade et vous êtes venus me voir ! » C’est peut-être bien ce que ce couple incroyant pourrait entendre au soir de sa vie !

Dans une même humanité partagée, se retrouvent tous ceux qui font de leur vie un acte d’ouverture à autrui. Henri, qui essaie d’être fidèle à l’évangile jusque dans sa maladie, reconnaît que Jésus a ouvert cette brèche dans l’histoire des hommes et il se laisse emporter par son élan.

« La foi est une énergie de Dieu, une puissance de l’Esprit au cœur de la fragilité humaine. Tout en restant lucides sur les misères de l’homme, nous ne désespérons jamais totalement de lui parce que nous croyons qu’il est plus grand que le mal qui le défigure et le mutile, parce que nous croyons qu’il est habité par Quelqu’un qui ne désespère jamais de lui. Finalement, ne serait-ce pas Dieu qui, le premier, croit en l’homme ? » (Michel Hubaut, Un monde en quête de sens, Cerf 2013)

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Michel AMALRIC

Prêtre du diocèse d’Albi, chargé de la communication.

(re)publié: 01/10/2015