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Vol d’enfance

Un journaliste de France Inter intitulait ainsi une de ses dernières chroniques. Il voulait attirer l’attention des auditeurs sur une dérive qui va s’accentuant. Devant les collèges et lycées, on peut remarquer que de jeunes collégiennes arrivent, maquillées, portant des minijupes ou des shorts courts, perchées sur des chaussures à talons ! Plus grave encore, les industries spécialisées dans le sous-vêtement destiné à la jeunesse proposent, entre autres, des soutiens-gorge rembourrés pour « donner l’illusion de poitrine formée chez des petites filles de huit ans », pour qu’elles apparaissent plus âgées !

Tout cela, rapportait le chroniqueur, a conduit le Conseil d’une école publique, en Bretagne, à prendre la décision suivante : « Les élèves ne seront plus autorisées à venir maquillées à l’école, à porter des talons, des minijupes ou des shorts courts sous peine de recevoir un avertissement. » Cette prise de décision peut être perçue par certains comme un non-respect de la devise républicaine affichée dans les écoles : la liberté.

Qu’est-ce que cela révèle ? Très certainement, une tendance de certains parents à vouloir préparer leurs enfants, dès le plus jeune âge, à être des candidats pour des concours de Miss en tout genre ou pour des castings publicitaires juteux... Aux Etats-Unis, des familles parcourent des kilomètres dans le but de présenter leur progéniture à des manifestations de tous ordres, où le corps tient la première place.

C’est ainsi que des enfants, victimes du désir des parents, se voient projetés dans des comportements d’adulte, au risque d’être volés de leur enfance. D’où le titre de la chronique. Le mythe de “Lolita“ semble toujours traîner dans les mentalités depuis la parution, en 1955, du livre de même nom, porté au cinéma en 1962, et qui relate la passion amoureuse d’un homme pour une petite gamine de 12 ans, prénommée Lolita.

Cette projection de la sexualité adulte sur le monde de l’enfance ne peut qu’être néfaste. La médiatisation, à travers la multiplicité des élections officielles telles que celle de Miss Majorette France ou de Miss pom pom girl France, renforce encore plus la modélisation dont sont victimes les jeunes adolescentes en particulier. Bien sûr que le rêve de devenir chanteuse un jour ne date pas d’aujourd’hui ! Il reste présent chez beaucoup d’adolescentes qui veulent s’identifier à leur chanteuse ou chanteur préféré. Pour cela, certaines sont prêtes à tout, au risque d’y laisser leur santé et surtout leur personnalité.

Cette chronique est un appel aux parents à replacer leur enfant dans la réalité de son âge et à garder les pieds sur terre ! Fort heureusement, tous ne sont pas concernés. Mais le danger est là. Jeunes et parents doivent être informés ! Le chroniqueur de France Inter évoquait à la fin de son propos, qu’un jour peut-être, ces enfants devenus adultes accuseraient leurs parents d’avoir volé leur enfance !

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Michel AMALRIC

Prêtre du diocèse d’Albi, chargé de la communication.

(re)publié: 01/04/2012