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L’Église au Maroc

Passer des images télévisées des JMJ à l’écoute de l’évêque de Rabat, c’est faire un saut extraordinaire entre deux visages d’Église qui semblent ne pas avoir grand chose en commun et pourtant !... À Madrid comme à Rabat ou Ouarzazate, les chrétiens proclament leur attachement à la personne du Christ.

L’évêque de Rabat, le père Landel, présentait dernièrement la réalité de l’Église catholique au Maroc : deux évêques, trente mille catholiques, de quatre-vingt-dix nationalités, une quarantaine de prêtres de seize nationalités et des religieuses. Une Église qui vit l’humilité, nullement tentée d’être au centre de la société musulmane. Tout prosélytisme est banni : pas question de baptiser des Marocains musulmans qui se tourneraient vers le message de l’Évangile. Ce serait les exclure de leurs familles, leur faire perdre leur travail et les obliger à quitter le pays.

Pour l’évêque, il ne faut surtout pas s’arrêter à ces interdits car la « mission » de l’Église au Maroc est différente. Il se défend, d’ailleurs, d’utiliser là-bas le mot « mission » qui évoque la colonisation et des pratiques de conversion. Pour lui, le message chrétien se vit dans le « dialogue des œuvres », à savoir dans tout ce qui touche au service de la vie des hommes, avec les valeurs de l’Évangile. Tout cela dans le jeu des différences. Vivre avec les autres sans vouloir les convertir : tel est l’accent majeur des communautés chrétiennes fondées sur le Dieu de Jésus Christ, Lui qui porte un regard aimant sur toute personne, qu’elle soit musulmane ou chrétienne.

« L’Église regarde aussi les musulmans qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes. » (Concile Vatican II)

En commentant ces propos, il rappelait que tout homme est important aux yeux de Dieu et que cela nous oblige à prendre un chemin de conversion en posant un regard toujours plus évangélique sur les personnes. « Je t’accepte sur ton chemin de foi. Accepte-moi sur mon chemin de foi. » dit-il souvent à des musulmans.

C’est le message de l’Évangile qui est au cœur de l’action des chrétiens dans la société musulmane, et non la mise en place d’une organisation religieuse qui ne pourrait qu’être affrontement avec une autre. Une chance particulière pour cette Église : la présence de nombreux étudiants chrétiens des régions sub-sahariennes venus au Maroc pour leurs études et chaleureusement accueillis par les communautés locales.

« Chrétien heureux au Maroc, terre d’islam », tel était le titre de la conférence de l’évêque de Rabat, rappelant par ses propos que l’Église du Maroc s’inscrit, aujourd’hui, dans la suite du père Charles de Foucauld et des moines de Tibérine... Loin d’un discours alarmiste, il a invité les chrétiens de France à être, eux aussi, avec tous les croyants, au service de tous les hommes et ouverts à la différence.

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Michel AMALRIC

Prêtre du diocèse d’Albi, chargé de la communication.

(re)publié: 01/10/2011