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À la crèche

Nombreux sont ceux et celles qui vont se retrouver devant une crèche à l’occasion de Noël. Crèches des églises, crèches vivantes ici ou là... ou, simplement, crèches sous le sapin dans les maisons. Bien souvent c’est là que se fait la première initiation chrétienne pour les jeunes enfants découvrant Jésus comme un nouveau-né : « Pourquoi naît-il dans une crèche ? Pourquoi pas dans sa maison ?... »

La crèche est un lieu de rassemblement pour petits et grands qui font preuve d’imagination pour lui donner une couleur locale : personnages de la région, cadre de vie contemporain... Il en est ainsi chaque année. Même avancés en âge, les adultes semblent vouloir retrouver là des émotions de leur enfance. Mais ne s’agit-il que de cela ? La crèche n’est-elle que le signe de l’imaginaire enfantin toujours vivace en chacun ? N’a-t-elle pas une autre signification ?

Il y a quelque temps, le philosophe Redeker écrivait que la crèche révélait une utopie qu’il qualifiait d’« indestructible ». Bonheur d’une naissance, promesse d’avenir : avec un père, une mère, l’enfant s’inscrit au tréfonds du désir de l’homme. Qui ne rêve d’une harmonie formidable dans ces moments privilégiés où de jeunes parents sont heureux de présenter leur enfant aux proches, aux amis, dès les premières heures de la naissance ? Peut-être qu’en ce temps où la famille est malmenée, cet idéal est encore plus accentué. Dans la fête de la Sainte Famille instituée par l’Eglise, ne peut-on en voir, d’ailleurs, un signe ?

Le philosophe faisait une autre remarque : au-delà de « l’utopie de l’unité de l’humanité paisiblement réunie autour d’un berceau représentant son avenir », la crèche est également un cosmos, un univers beaucoup plus vaste. Il y a non seulement l’enfant, la femme, l’homme mais aussi des bêtes, le ciel, les étoiles qui sont rassemblés dans la même image. En cela se manifeste une autre « utopie » : celle de l’harmonie entre l’homme et la nature à laquelle on ose rêver et croire. À l’heure des constats alarmants sur l’avenir de notre planète, nos contemporains ne sont-ils pas touchés par la « grâce » de la crèche qui est aussi ouverture vers l’Etranger et l’Ailleurs, avec l’arrivée des Rois Mages ?

Alors qu’est venu le temps de « faire la crèche » n’avons-nous pas à déployer nos énergies pour qu’elle s’inscrive dans la réalité ? La tradition nous dit que les Rois Mages, marcheurs à l’étoile, sont repartis par un « autre chemin ». Ils avaient découvert en Jésus la promesse réalisée. Et si on cherchait cet « autre chemin », pour faire de ce monde une terre de paix ?

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Michel AMALRIC

Prêtre du diocèse d’Albi, chargé de la communication.

(re)publié: 01/12/2011