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Les étourneaux sont de retour

À l’automne, des vols d’étourneaux envahissent le centre ville. Ils quittent la campagne en fin de journée pour venir passer la nuit dans les arbres des parcs ou des avenues. Pour stopper cette « migration », il suffit de ne pas tailler les arbres. Les étourneaux n’aiment pas les branches hautes.

La solution trouvée par les services municipaux est remise en cause dans les deux ou trois années qui suivent. Les riverains se plaignent de ne plus avoir de vue depuis leur appartement. Qui satisfaire dans ces revendications ? Ceux qui n’aiment pas leurs voitures recouvertes de fiente ? Ceux qui veulent conserver une vue sur un large horizon depuis leur salle de séjour ?

Cette histoire d’étourneaux est symbolique de la gestion d’une ville et des tracas que se font les élus : satisfaire tous les citoyens relève d’un pari impossible. Les intérêts des uns ne sont pas ceux des autres. Mes intérêts d’aujourd’hui ne sont plus ceux que j’avais six mois avant !

Se réjouir que les étudiants animent une ville entraîne nécessairement l’occupation des terrasses de bistrots tard dans la soirée. Les rythmes de vie des jeunes ne sont pas ceux des adultes. Pour faire l’inventaire des attentes - les plus contradictoires - une réunion de quartier du centre ville est pleine d’enseignements. Les demandes sont telles qu’un maire et son équipe municipale sont obligés, la plupart du temps, de proposer des compromis les plus élaborés possibles. Intérêts individuels et intérêts collectifs s’affrontent nécessairement. Non pas que certains ne voient pas plus loin que midi à leur porte et que d’autres ont plus une vision longue, plus citoyenne, plus environnementale par exemple. Cette dualité, chacun la vit ! D’une part, il y a le désir de pouvoir accéder le plus près possible de chez soi en voiture pour déposer les courses et, en même temps, l’indignation de l’envahissement des véhicules sur les trottoirs qui gênent le passage des piétons…

« Vivre ensemble » est un slogan pour la vie d’un quartier, d’une ville. Chacun doit se résoudre à apporter une solution et pour autant, il faut faire taire des aspirations légitimes, bien légitimes. L’effort est requis pour chacun. La responsabilité d’un maire et des élus est de contribuer à ce que « vivre ensemble » soit une réalité. Tout cela au prix de la gestion de conflits, de paradoxes et de complexités multiples à prendre en compte.

Tout cela s’apprend, certes, non seulement dans des cours d’instruction civique ou lors de journées citoyennes… Les gestes de la citoyenneté ne sont pas innés. C’est dans l’échange, la confrontation, l’écoute des besoins d’autrui qu’ils prennent tout leur sens. Que lors de réunions de quartier, tout cela s’exprime… c’est bon signe. Encore faut-il se souvenir que celui qui s’endort en disant qu’une chose est impossible peut être réveillé par le bruit de ceux qui commencent à la réaliser.

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(re)publié: 01/11/2007