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Réflexions générales
Les sacrements, pourquoi ?
Chapitre 21 du Guide de Lecture proposé à la fin du Catéchisme de l’Eglise catholique (pp.822-823) dans son édition française de 1998.

On va à Dieu par une démarche personnelle qui n’engage que soi ? Pourquoi donc l’Eglise intervient-elle dans cette rencontre ? Elle s’interpose par des rites qu’elle désigne comme des sacrements. Ne rendent-ils pas la foi extérieure et formaliste ? Qu’apportent-ils à la démarche du croyant ?

Le CEC aborde la question et lui apporte la réponse en même temps qu’il la dépasse. D’abord, il précise que toute démarche religieuse s’appuie sur des rites. D’autre part, il rappelle que c’est le Christ Lui-m�me qui a donné les sacre ments à l’Eglise. Enfin, il atteste que c’est par les sacrements que le Christ accomplit la promesse de l’alliance de Dieu avec les hommes. Il continue d’agir dans l’Eglise en signifiant les dons de la grâce issus de son mystère pascal.

Les sacrements du Christ

  • Si la démarche religieuse est personnelle (27, 1779), il n’en reste pas moins que « l’homme, étant un être à la fois corporel et spirituel, exprime et perçoit les réalités spirituelles à travers des signes et des symboles matériels » (1146). « Nous sommes corps et esprit, et nous éprouvons le besoin de traduire extérieurement nos sentiments » (2701). « Les grandes religions de l’humanité témoignent » de ce besoin (1149).
  • L’homme est aussi un « être social; il a besoin de signes et de symboles pour communiquer avec autrui... Il en est de même pour sa relation à Dieu » (1146). Les sacrements de l’Eglise ont une fonction communautaire; ils relient les fidèles entre eux dans un culte qui est commun à tous (1140-1141).
  • Dans les sacrements qu’il a établis (1114,1117,1210), le Christ a voulu qu’ils soient « accessibles à notre humanité actuelle » (1084). Chacun d’entre eux est constitué par une réalité sensible, qu’il s’agisse d’un élément du cosmos matériel ou d’un geste de la vie sociale (1145, 1148). Ainsi, la « pédagogie divine » (1145) destine ce qui est visible à représenter et à signifier la réalité invisible du salut de Jésus-Christ (1148). « Les sacrements de l’Eglise n’abolissent pas, mais purifient et int�grent toute la richesse des signes et des symboles du cosmos et de la vie sociale » (1152).
  • Les sept sacrements rejoignent en quelque sorte la totalité de l’existence humaine. Ils sont établis par le Christ (1113, 1114, 1117) pour que l’homme puisse en bénéficier à toutes les étapes et dans les diverses conditions de sa vie (1210).
  • Les uns sont pour assurer les « fondements » de la vie chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie); on les appelle sacrements de l’initiation. D’autres sont pour la guérison (réconciliation et onction des malades). D’autres enfin, pour le « service de la communion et de la mission des fidèles » (ordre et mariage) (1210, 1212, 1421, 1534).

Les sacrements de l’Eglise

  • On ne peut comprendre les sacrements de l’Eglise sans entrer au coeur du mystère de l’alliance qui les fonde et qu’ils signifient eux-mêmes. C’est le mystèere pascal, celui du Christ qui, ayant accompli notre salut par sa mort et sa résurrection, demeure présent et vivant dans l’Eglise pour agir en elle et pour sanctifier ses membres (1085,1116,1118).
  • L’action liturgique de l’Eglise, qui s’accomplit par les sacrements, est l’oeuvre de l’Esprit-Saint que le Christ ressuscité a donné aux Apôtres en leur donnant son « pouvoir de sanctifier » (1086). Ainsi l’Esprit est-il l’artisan des sacrements (1091). « L’Eglise et l’Esprit coopèrent à manifester le Christ et son oeuvre de salut » (1099). En sorte que les sacrements, et particulièrement l’eucharistie « source et sommet de toute la vie chrétienne » (1324) sont le « mémorial du mystère du salut » (1099).
  • La foi ne considère pas les sacrements seulement comme des signes du mystère pascal qui le représentent. Elle voit en eux les gages de l’alliance du Seigneur et les instruments efficaces de sa grâce (1084). « En eux, le Christ lui-même est à l’oeuvre » (1127). L’Eglise en a une telle conviction que lorsqu’elle baptise, c’est le Christ qui baptise. « Il agit dans les sacrements afin de communiquer la grâce que le sacrement signifie » (ibid.). C’est tellement vrai, au regard du croyant, que le sacrement actualise la grâce du Christ chez celui qui le reçoit « indépendamment de la sainteté personnelle du ministre » (1128,1584).
  • Il faut encore préciser que trois des sacrements ne transmettent pas seulement la grâce du Seigneur, mais confèrent une onction toute particulière, ce que l’Eglise désigne par le caractère qui est indélébile parce qu’il marque le chrétien pour toujours (1121). Ce sont les trois sacrements du baptême (1272-1273), de la confirmation (1304-1305) et de l’ordre (1581-1583).

En conférant aux sacrements tout le développement qui s’impose, le CEC n’a pas d’autre objectif que de faire découvrir ce qu’il faut bien considérer comme l’univers sacramentel de l’Eglise. Parce qu’ils sont les actes du Christ qui agit en elle, on peut en toute vérité affirmer que « les sacrements font l’Eglise » (1118).

Loin de nourrir le formalisme religieux, les rites sacrés que sont les sacrements sont au service de la foi la plus personnelle et la plus intérieure du croyant (1123). Ils la font grandir et la font entrer au centre même du mystêre pascal de Jésus-Christ. Que serait la foi chrétienne si elle n’était d’abord cela ?

 
 
 
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Guide de lecture, chapitre 21
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