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5e dim. de Carême : Jésus s'était rendu au mont des Oliviers... - PSN Port Saint Nicolas -
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5e dim. de Carême : Jésus s’était rendu au mont des Oliviers...

1. "Jésus s’était rendu au mont des Oliviers ; de bon matin, il retourne au Temple de Jérusalem." Ces détails nous permettent de suivre Jésus, presque pas à pas, quelques jours avant les événements de la Passion. Il séjournait probablement chez Lazare, Marthe et Marie à Béthanie, petite bourgade au sommet du mont des Oliviers. De bon matin, il retourne au temple pour la première prière sans doute. Puis, à son habitude, "il se mit à enseigner". Et on vient l’écouter de toutes parts tant ce qu’il dit est nouveau, tant la manière dont il le dit est nouvelle, « pas comme les scribes » écrit Marc. Ce sont ces derniers et les gens du Temple qui viennent le questionner avec l’intention de le mettre à l’épreuve : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là ! »

2. Depuis les débuts de sa mission, il fut reproché à Jésus de vouloir changer la religion des ancêtres. Les prescriptions mises en cause sont nombreuses : le lavage des mains, des coupes, le sabbat, le jeûne, la fréquentation des pécheurs comme des païens, l’impôt à César, le culte rendu au Temple. Dans le récit de ce jour, il s’agit d’un exemple d’école, tiré de la loi mosaïque. On lit dans le livre du Lévitique, l’un des cinq livres fondamentaux de la foi juive, appelée la Thora : "Quand un homme commet l’adultère avec la femme de son prochain, ils seront mis à mort, l’homme adultère aussi bien que la femme adultère." Mais jamais Dieu n’a enjoint cela ! « Tu ne tueras pas » est inscrit en lettres de feu « par le doigt de Dieu » sur les tables de pierre du Décalogue. Les rédacteurs des 613 commandements ont mis dans la bouche de Moïse des règles pour encadrer la vie sociale et religieuse de la communauté. D’ailleurs, aucun récit biblique n’a rapporté un seul exemple de lapidation. Hélas, il en va autrement encore aujourd’hui sur notre terre.

3. « Toi, que dis-tu ? » Ce n’est pas le contenu de la question qui importe mais le « Toi ! » On attend Jésus. Va-t-il, une fois de plus, contester l’un de leurs commandement ? En place de réponse, Jésus se penche vers le sol et se met à y écrire. Après qu’on lui ait fait entendre ce que Moïse aurait écrit sur des tables de pierre immuables, Jésus écrit dans le sable. On ne sait pas ce qu’il y a écrit. Mais cela lui donne de garder un temps de silence. Puis très calmement, sans animosité aucune : « Que celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Et le piège venait de s’être refermé sur eux. Parce que le premier à jeter la pierre aurait été pris en flagrant mensonge. Ils le comprirent : « Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. » Jésus, s’étant abaissé de nouveau, sans aucun regard réprobateur. Il avait dit qu’il n’était pas venu pour juger mais pour appeler à la conversion.

4. La suite du récit le confirme : « Personne ne t’a condamnée... Moi non plus je ne te condamne pas. Va, et ne pèche plus. » La scène avait commencé devant un prétoire à charge. Elle se termine devant Jésus seul par une parole de libération. Les accusateurs voulaient voir Jésus appliquer dans l’instant un ordre venu d’un ailleurs, hors du temps. Elle se termine devant lui avec la miséricorde pour seul plaidoyer. Des jugements sur les comportements, nous en portons tous les jours, presque sans nous en rendre compte. Jésus nous invite à étaler devant nous un temps de silence pour nous permettre de passer par notre intérieur, d’en visiter les caches sombres. En nous relevant, nous saurons alors les paroles qui guérissent.

C’est écrit, t’ont-ils dit, Seigneur. Mais toi tu n’as rien écrit. Seulement des signes que seul le cœur doit lire. Ils ne sont pas faits d’encre mais de miséricorde. Pour que dans nos mains les pierres qui lapident deviennent des chapelles de miséricorde.

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Aloyse SCHAFF

Capitaine de Port Saint Nicolas.
Prêtre du diocèse de Metz. Fut professeur de sciences physiques et directeur du lycée Saint-Augustin à Bitche (57).
Activités pastorales dans les communautés de paroisses du Bitcherland.
Animation d’ateliers d’information et de réflexion sur les textes bibliques et l’histoire chrétienne : Pères de l’Eglise, fondateurs des grands ordres religieux, les grands papes, les grands saints du Moyen-Âge, du XVIe siècle. Des présentations à découvrir sur le site.

(re)publié: 03/04/2022