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Le musée
Restauration du tableau « Saint Jérôme traduisant la Bible »
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Saint Jérôme traduisant la Bible
Avant la restauration

Ce tableau du 17e siècle, en cours de classement par les Monuments Historiques, vient de réintégrer l’église Saint Nicolas de La Queue-en-Brie. Il a recouvré son aspect d’origine grâce aux mains expertes de Martine MARTIN, restauratrice professionnelle.
Après être sortie de l’école des arts déco, aimant particulièrement la peinture ancienne, Martine MARTIN a perfectionné son métier « sur le tas » dans divers ateliers de restauration tout en continuant, à temps perdu, à peindre des oeuvres originales (elle a malheureusement dû arrêter faute de temps). Durant ce temps d’apprentissage, elle a notamment restauré des fresques à travers toute la France.

Lorsqu’elle est venue rapporter elle-même le tableau à La Queue-en-Brie, elle a bien voulu répondre à quelques questions.
Comment est-on amené à travailler pour les Monuments Historiques ?

L’inspecteur lance un appel d’offre pour un chantier et demande donc à plusieurs restaurateurs de lui adresser un devis. Mais ce n’est pas forcément le « moins disant » qui emporte le marché : heureusement, les qualités, les capacités du restaurateur interviennent pour beaucoup.

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Saint Jérôme traduisant la Bible
Après la restauration

Pouvez-vous nous dire en quoi a consisté votre intervention sur le tableau de St Jérôme ?

Ca a été très long car ce tableau était en très mauvais état. Il s’agit d’une peinture sur bois, le support étant constitué de trois panneaux. Ces panneaux étaient complètement disjoints. La couche picturale était très écaillée, en état de soulèvement, avec beaucoup d’absences de peinture. Il a donc fallu procéder tout d’abord à un refixage de la couche picturale, dont certaines parties étaient prêt à tomber. Pour ce faire, j’ai d’abord appliqué de la colle de peau, puis procédé à des repassages successifs sur papier Bolloré, qui ont pour effet de ramollir la peinture et de liquéfier la colle et font ainsi adhérer de nouveau la peinture au support. Ce travail effectué, j’ai alors recollé les trois panneaux ensemble et les ai solidarisés à l’arrière à l’aide de « papillons ». Il a été alors possible de passer à la phase de restauration de la face peinte.
Un nouveau refixage a été alors entrepris à la cire-résine. Puis un dévernissage a été effectué : c’est un travail extrêmement délicat qui demande beaucoup de soin et qui consiste à enlever le vernis qui a jauni au cours du temps, pour retrouver la couleur originale sans toucher à la peinture elle-même.

Après application de vernis à retoucher, les lacunes ont été rebouchées à l’aide de mastic vinylique. Ce mastic a ensuite été retravaillé à l’aide d’un bistouri pour imiter l’aspect de surface de peinture voisine existante, notamment les craquelures. Une nouvelle couche de vernis a été étendue et c’est seulement à ce moment que la restauration picturale en elle-même a pu être engagée. On appelle cela la « réintégration colorée ».

Il a fallu alors retrouver exactement les couleurs originales pour couvrir les parties à restaurer : c’est une technique longue et minutieuse puisqu’il faut faire des approches successives pour chaque teinte, chaque couche de peinture étant isolée de la suivante par un passage de vernis à retoucher. Quand ce travail de remise en peinture a été mené à bien, une couche générale de vernis a été déposée sur l’ensemble du tableau.

 
 
 
Martine MARTIN
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