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Accueil de Port St Nicolas

André KERYGME
andre chez portstnicolas point org

Curé de Port St Nicolas

Dans les formules de bénédiction, ne pourrait-on pas remplacer la formule « le Père Tout-Puissant », qui évoque trop les caprices d’un potentat oriental, par une autre comme : « le Père Très Aimant » ? Cela lèverait une regrettable ambiguïté sur la toute-puissance de Dieu… Peut-on conférer l’Onction des malades à quelqu’un « qui n’a plus sa tête » ? Qui a le droit de communier à la messe ? Je suis allée à l’enterrement du père d’une amie et j’ai vu que presque tout le monde allait communier. Comment comprendre, dans la dernière partie du Symbole des Apôtres, le « je crois à la sainte Eglise catholique » juste après l’affirmation de la foi en l’Esprit Saint ? N’est-ce pas une formulation bien unilatérale à l’heure de l’oecuménisme et du dialogue interreligieux ? Une amie divorcée se croit excommuniée. Que lui dire ?

Quand on parle de l’Evangile, de quoi parlons-nous au juste ?

Avant de désigner l’un ou l’autre des quatre récits attribués chacun à un évangéliste et placés au début du corpus des écrits chrétiens que l’on appelle « Nouveau Testament », le mot « Evangile » désigne la « Bonne Nouvelle » de Dieu (Mc 1,14 ; Rm 1,1 et 15,16) ou du Christ (Rm 15,19 ; 1 Co 9,12 ; 2 Co 2,12)… et Jésus lui-même (Mc 1,1 ; Ac 11,20).

En employant le mot Evangile avec une majuscule, gardons-lui donc son sens le plus large… et le plus profond.

Y verrons-nous alors une morale ou un ensemble de valeurs ?
Les parents qui inscrivent leurs enfants au catéchisme donnent souvent l’impression de considérer les choses ainsi. Et on ne leur donnera pas tort trop vite, en nous rappelant que, aux premiers temps de l’Église, le christianisme n’apparaissait pas d’abord comme une doctrine, mais comme « la Voie » (Ac 9,2 ; 19,9), c’est-à-dire une manière de vivre !
Il reste que ces valeurs ou exigences morales sont partagées par nombre de non-chrétiens et que cette réduction de l’Évangile à sa seule dimension éthique n’est pas plus légitime que de le réduire au contenu d’un ou même plusieurs livres.

Y verrons-nous plutôt une doctrine cohérente exprimée dans la profession de foi du baptême ?
Cela aurait au moins le mérite de souligner que l’Évangile n’est pas affaire de croyance personnelle, mais la foi de l’Église qui s’appuie sur le témoignage des apôtres (1 Co 15,1-11).
Mais ce qui a été noté plus haut et l’importance donné par Jésus au corps (cf. ses guérisons) empêchent de ne voir dans l’Évangile qu’un ensemble de doctrines et spéculations abstraites sans incidences sur la vie quotidienne.

Bien plus qu’à un ou plusieurs écrits du Nouveau Testament, bien plus qu’à une morale ou à une doctrine, l’Évangile renvoie - aujourd’hui comme aux premiers temps de l’Église - à Jésus lui-même, Bonne Nouvelle d’un Dieu dont l’amour est plus fort que nos péchés et la Vie plus forte que notre mort.


Dernière modification : 1er janvier 2008
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