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L’art de célébrer
Les rites de communion
Troisième partie

La communion sous les deux espèces

Programme

« Puisque la célébration eucharistique est le banquet pascal, il convient que, selon l’ordre du Seigneur, son Corps et son Sang soient reçus par les fidèles bien préparés comme une nourriture spirituelle. (...) Il est très souhaitable que les fidèles reçoivent le Corps du Christ avec des hosties consacrées à cette messe même et, dans les cas prévus, qu’ils participent au calice, afin que même par ses signes, la communion apparaisse mieux comme la participation au sacrifice actuellement célébré. » (Présentation générale du Missel romain, PGMR no. 56,56h)

« La sainte communion réalise plus pleinement sa forme de signe lorsqu’elle se fait sous les deux espèces. Car, sous cette forme, le signe du banquet eucharistique est mis plus pleinement en lumière, et on exprime plus clairement la volonté divine d’accomplir la nouvelle et éternelle Alliance dans le Sang du Seigneur; on montre aussi plus clairement la relation entre le banquet eucharistique et le banquet eschatologique dans le royaume du Père. » (PGMR no. 240)

Points d’attention

Ce qu’indique avec une relative insistance la Présentation générale du Missel romain, en s’appuyant sur la proposition du Concile (Constitution sur la sainte liturgie no. 55) et surtout sur l’instruction Eucharisticum mysterium no. 32 (en 1967), ne semble pas assez connu, tant la communion sous les deux espèces est trop peu mise en pratique.

Le no. 242 de la PGMR énumère les cas où la communion sous les deux espèces est possible comme - par exemple les mariés à la célébration de leur mariage, les confirmands à la célébration de confirmation, etc. - et il termine en disant que « les conférences épiscopales peuvent fixer d’autres cas ».

C’est ce qu’ont fait les évêques de France en 1970, en précisant que la communion sous les deux espèces pouvait avoir lieu dans « les cas où les fidèles peuvent en retirer un avantage spirituel, qu’il s’agisse de circonstances particulièrement importantes dans la vie chrétienne d’une famille ou d’un groupe, qu’il s’agisse de jours plus marquants de l’année liturgique, qu’il s’agisse enfin de personnes que l’on sait aptes à en profiter ». Ainsi, nous pouvons et nous sommes même encouragés à proposer la communion sous les deux espèces, notamment lors des grandes fêtes liturgiques comme le jeudi saint, Pâques ou la Pentecôte, et encore chaque dimanche où nous célébrons le Christ mort et Ressuscité.

Une condition est que les fidèles soient aptes à en profiter. Cela nécessite une catéchèse, une formation des fidèles à la signification de la communion afin qu’ils en aient le désir. On prendra donc soin, non seulement de donner les instructions quant aux modalités de communion, mais aussi d’expliquer que, « même sous une seule des deux espèces, on reçoit le Christ tout entier » et que, cependant, « il n’est pas de meilleure manière de participer au banquet eucharistique et d’exprimer la volonté divine d’accomplir la nouvelle Alliance, que de communier sous les deux espèces. » (PGMR, no. 241)

En effet, la communion au sang du Christ permet d’exprimer pleinement combien, dans l’eucharistie, « le sacrifice et le banquet appartiennent au même mystère d’une façon telle qu’ils se rattachent très étroitement l’un à l’autre » (Eucharisticum mysterium no. 3b). Par la participation à ce rite, l’assemblée est associée plus étroitement à ce mystère, et obéit directement à l’invitation de son Seigneur : « Vous ferez cela en mémoire de moi. »

Ainsi, outre le président qui boit au calice, tous ceux qui l’entourent peuvent faire de même : concélébrants, diacres, autres ministres dont les ministres extraordinaires de la communion... animateurs, lecteurs... Il est encore plus significatif que tous les fidèles puissent boire également, mais boire au calice n’est pas toujours possible dans de grandes assemblées, bien que cela réponde davantage au commandement du Seigneur : « Prenez et buvez-en tous »; on pourra donc, dans ce cas, proposer aux fidèles de communier par intinction, en trempant l’hostie dans le calice où est le sang du Seigneur.

Il est recommandé qu’il y ait deux calices pour un ciboire, donc trois personnes pour chaque poste de communion. Pour la communion directe au calice, le ministre tend le calice au fidèle en disant « Le sang du Christ », puis l’essuie lui-même. Pour la communion par intinction, il suffit d’un peu de vin consacré dans chaque calice : le ministre de la communion tend le calice au fidèle qui a reçu le corps du Christ dans la main, en disant « Le sang du Christ », à moins qu’il le tende à l’autre ministre avant que le fidèle ne le reçoive dans la bouche.

Les premières fois, on pourra, après le chant de l’Agneau de Dieu, dire par exemple : « Comme le Seigneur nous le demande et comme l’église le souhaite, vous pourrez, si vous le désirez, communier non seulement au corps mais au sang du Christ. Pour cela, après avoir reçu l’hostie, vous la trempez dans le calice en mettant votre autre main sous les doigts qui tiennent l’hostie, afin d’éviter que des gouttes de vin consacré ne tombent par terre. » S’il le faut, on ajoute : « Ceux qui communient directement dans la bouche, peuvent demander à la personne qui donne l’hostie de la tremper pour eux dans le calice, avant de la leur remettre. »

 
 
 
Centre National de Pastorale Liturgique
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