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L’art de célébrer
Les rites de communion
Première partie

Programme

« L’oraison dominicale : on y demande le pain quotidien qui évoque pour les chrétiens le pain eucharistique, et on y implore la purification des péchés, pour que les choses saintes soient vraiment données aux saints. Le prêtre prononce l’invitation à la prière, tous les fidèles disent celle-ci avec le prêtre, et le prêtre seul ajoute l’embolisme que le peuple conclut par la doxologie. » (PGMR no. 56a)

Points d’attention

Les rites de communion commencent avec le Notre-Père. C’est que la récitation commune de cette prière par les fidèles est déjà un acte de communion avec le Seigneur Jésus, puisqu’ils prient « selon son commandement » et se situent comme lui en fils devant le Père.

Le prêtre qui préside fera en sorte que l’invitation à la prière ait une intonation qui invite en effet tous les participants à commencer la prière dès le premier mot : « Notre ». Il faut pour cela que le ton de la voix reste en suspens à la fin de l’invitation, et qu’il y ait une seconde de silence avant, entre elle et le début de la prière elle-même. C’est le ton de l’invitation (calme et doux) qui conduit l’assemblée à énoncer la prière avec recueillement et attention.

Mettre en parallèle le « Saint, saint, saint... » et le Notre-Père ne manque pas d’intérêt. Les deux prières s’adressent au même Dieu qui est en même temps saint et Père, le Tout-Autre et le Tout Proche. Mais tandis que le Sanctus place l’assemblée devant la majesté de Dieu, l’oraison dominicale la fait entrer dans son intimité en lui permettant de prendre l’attitude filiale du Christ. On pourrait presque dire que la majesté le cède à l’intimité.

On comprend alors le désir, chez des animateurs d’enfants ou de jeunes, de faire des « chaînes d’amitié », ou d’utiliser des mélodies proches des comptines enfantines. En ce qui concerne la chaîne d’amitié, on la verrait mieux avant le geste de paix, durant la prière qui demande la paix : « Seigneur Jésus Christ, tu as dit... » Le geste qui convient au Notre Père, serait alors le même que celui du prêtre : les mains levées, paumes ouvertes, vers celui qui est « aux cieux ». En ce qui concerne la mélodie chantée du Notre-Père, il semble évident qu’une mélodie sautillante ne convient pas au caractère noble et confiant de cette prière. Il ne faut pas souhaiter ici une effervescence chaleureuse, mais une adhésion intérieure à une parole « reçue du Sauveur ». La mélodie du ton commun du Missel dit dans quelle direction il est souhaitable de chercher (comme, par exemple, le Notre-Père de Rimsky-Korsakov) pour chanter ce texte unique et incomparable.

Dans tous les cas d’assemblées composites, où l’on n’est pas sûr que tout le monde connaît la même mélodie, il sera sans doute préférable de réciter le Notre-Père, mais lentement, en laissant un léger blanc entre chaque élément de la prière.

L’embolisme, c’est-à-dire le développement de la dernière phrase, doit lui aussi se terminer par une intonation qui appelle la doxologie « car c’est à toi... » dite ou chantée par tous. Une doxologie alternative est proposée par le Missel, lorsque celle-ci est chantée : « A toi, le règne... »

 
 
 
Centre National de Pastorale Liturgique
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