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Les goélands
Lettre de Guayaquil, Équateur
Point-Coeur San-Jeromimo-Emiliani,
Très chers parents, parrains et amis, Tout d’abord, j’aimerais vous remercier, chacun, pour les marques d’amitié que vous m’avez offertes avant mon départ pour l’Equateur.
Je suis arrivée à Guayaquil le 14 juillet. M’attendait à l’aéroport ma nouvelle communauté : Mauricio Mugno, argentin, laïc consacré dans l’oeuvre Points-Coeur, Solange, dix-huit ans, volontaire française, toute fraîche sortie de l’école après un baccalauréat littéraire, qui est là pour quatorze mois; et Milagros, volontaire argentine de vingt-quatre ans, qui est là aussi pour quatorze mois et qui fait des études de journalisme à Santa Fe en Argentine. Nous avons la chance d’avoir un petit jardin avec des cocotiers et un manguier : grande tentation pour nos voleurs en culottes courtes ! Notre vie est toute simple. Nous nous levons à 6h30. À 7h00 nous prions les laudes. À 7h30, nous avons une demi-heure de lectio divina avant le petit-déjeuner à 8h00, heure à laquelle Mauricio part au travail en centre ville dans les bureaux du diocèse. Quant à nous, la matinée est ponctuée par une heure d’adoration, les services de la maison dont la lessive à la main, les courses, la cuisine, les comptes et toutes les choses administratives pour la maison ou nos amis. Pourtant il y a deux matinées par semaine où nous partons en apostolat. Le lundi, au foyer des personnes âgées des Soeurs de Mère Teresa « El Hogar de La Paz » qui compte vingt-neuf grands-mères et un peu plus de cinquante grands-pères avec deux jeunes filles très handicapées. Toutes les personnes accueillies dans ce foyer n’ont plus de famille ou ont été abandonnées par celles-ci. Beaucoup sont atteints de démence.
Nous mangeons à 12h30. Puis vient le temps de sieste, très importante dans ce pays où en hiver (c’est-à-dire maintenant) et dès le matin, il fait 28,5°C, Je vous laisse imaginer la température à 12h00. À 15h00, nous prions le chapelet avec les enfants. Puis nous partons par deux en apostolat, alors qu’une d’entre nous reste à la maison à jouer avec les enfants du quartier. Celle-ci ferme la porte comme elle peut vers 18h00. A dire vrai, les enfants ont beaucoup de mal à nous quitter et il faut beaucoup d’imagination et user de stratagèmes pour les faire sortir de la maison sans que la moitié parte avec les jouets de tous ! À 19h00, nous nous retrouvons tous pour la messe dans notre paroisse : Natividad del Senor qui est à quelques centaines de mètres du Point-Coeur. Cette paroisse était tenue par les pères Somascos mais depuis quelques années, faute de vocations, ils ont laissé la paroisse aux prêtres diocésains.
Si la journée s’ordonne par rapport au temps de prières, la semaine s’articule autour de différents lieux d’apostolat. Notre quartier, qui est une île entre les bras des fleuves Salado et Guayas, est très vaste et compte plus de 100.000 personnes. C’est un des quartiers les plus pauvres de Guayaquil. Notre première maison était à quelque vingt minutes à pied de là où nous sommes actuellement, par fidélité aux familles et aux enfants rencontrés là-bas. Nous y allons deux fois par semaine : le lundi après-midi dans une zone que l’on appelle « Santa Teresita » et le mercredi dans une autre zone de ce quartier que l’on appelle « San Carlos-Juanga ». Le mardi après-midi et le jeudi, nous restons dans notre quartier que l’on appelle « Sagrada Familia ». Le vendredi est notre jour de repos. Le samedi après-midi, nous allons au centre-ville pour partager ce qu’on appelle une école de communauté (compréhension et partage sur un écrit particulier) avec la communauté de Communion et Libération (d’origine italienne). Le dimanche est réservé aux visites ponctuelles dans notre quartier ou ailleurs. Nous nous retrouvons en communauté autour d’un texte le dimanche matin après la messe et notre réunion pour organiser chaque semaine est le lundi soir. Voilà des semaines et des jours bien chargés. À vous dire la vérité, je n’ai pas vu le temps passer et ici une journée est comme une heure. Les enfants sont très nombreux et charmants. Cela est très reposant pour moi par rapport à Buenos aires où il fallait se battre et se faire respecter.
J’aimerais vous parler de cette première après-midi que j’ai passée ici avec Milagros (Mili). Nous sommes allées visiter la famille de Dona Jésus. C’était l’anniversaire de son deuxième fils, Junior (trois ans). Quelle joie quand « la tribu » nous a vue arriver ? Nous n’avions pas assez de nos deux bras, l’un d’un côté, l’autre de l’autre, le troisième accroché à un pied et la maman qui nous tendait des mains le nouveau-né. Nous sommes arrivées avec un cadeau tout simple pour Junior. Un tube pour faire des bulles de savon. Jamais, je n’ai vu tant de joie dans les regards émerveillés de ces tout-petits à !a première bulle lancée par Mili. La maman, un peu confuse devant la joie de ses enfants, n’avait apparemment rien préparé pour l’anniversaire de son fils. Une heure après, elle nous confie qu’elle n’avait pas pu laisser ses enfants pour aller acheter un gâteau. Elle proposa à Mili de rester avec les cinq, prit son bébé et me proposa de l’accompagner pour aller acheter un gros gâteau à la crème, comme on les aime ici. Après les cris des plus petits qui voulaient nous accompagner, quelle ne fut pas leur joie de nous voir revenir avec un gros gâteau plein de crème et des fraises sur le dessus ! Il y a deux autres visages que je voudrais vous présenter et que je confie à votre prière. Je finirai ma lettre sur le visage de deux autres petites filles : Ambar et Cathy nos voisines. Elles passent leur journée au Point-Coeur. Quand nous revenions d’apostolat avant-hier soir avec Mili, j’ai pris la liberté de saluer leur maman et leur grande soeur, et de m’asseoir à côté de celle-ci sur le parterre de leur maison. Apparemment, la maman - une dame assez imposante qui s’appelle, elle aussi, Dona Jésus - a été un peu surprise par mon geste. Elle n’est restée que très peu de temps avec nous. J’avais été attiré par la beauté du bébé que portait cette jeune fille et je m’étais arrêtée. Nous avons causé de tout et de rien. Après un petit moment, alors que déjà motards et cyclistes étaient passés devant nous et nous avaient regardées avec insistance, nous avons pris congé. Chers parrains, je vous souhaite de bonnes vacances. Je vous remercie de votre générosité. Les dons des uns et des autres nous permettent aujourd’hui d’envisager l’achat d’un terrain tout près de notre maison actuelle, où nous pourrons par la suite construire une maison qui sera plus adaptée à nos besoins (budget prévu : 22.000$ pour une maison de 80 m2 sur deux étages). Merci de notre part, et de la part de tous les enfants qui viennent chaque jour égayer notre maison. En me confiant à votre prière,
Edith, de Point-Coeur
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Edith, de Point-Coeur
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