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Les goélands
La joie (deuxième partie)
Voici la deuxième partie des extraits que PSN mettra en ligne, d’une lettre pastorale « Paroles de vie », pour Noël 2004
Le contexteLa joie dans l’Eglise
De fait, l’Eglise occidentale manque parfois de joie (...) Du moisi sur la joie dans l’Eglise ? Timothy Radcliffe, ancien général des dominicains, attire lui aussi l’attention sur toutes les moisissures qui parasitent la joie dans l’Eglise. Il souligne les tensions entre le centre et la périphérie - Rome et les Eglises locales- entre la morale officielle de l’Eglise et le sentiment de beaucoup de chrétiens, entre le langage abstrait de la vérité et celui de la vie concrète de tous les jours; entre l’âpreté du commandement et les bras compréhensifs de la miséricorde, entre la solidarité ecclésiale universelle et la créativité de chacun. (...) La crise n’est d’ailleurs pas propre à l’Eglise; c’est toute la société qui est concernée. Comme si nous faisait défait la force qui nous pousse à aller de l’avant, la confiance. Le désir d’un paradis n’a pas faibli; c’est la foi dans les chemins qui y mènent qui nous manque. Il n’y a plus de foi aveugle dans le progrès, et la masse -chaque année plus considérable- des nouvelles inventions n’arrive plus à nous rendre vraiment heureux. Un jour, les ordinateur pourraient bien nous lasser. L’apathie d’une soudaine chute de tension ?
La première conséquence de pareille morosité est l’instabilité, le besoin de bouger, une soif d’errance physique, psychologique et spirituelle qui peut se traduire par un shopping dans les grands magasins des religions et spiritualités. Des cellules (monacales), il n’y en a plus guère aujourd’hui, mais la tentation d’errer existe toujours, l’envie de papillonner. Jour et nuit nous pratiquons le surf. L’instabilité extérieure n’est que le symptôme du dérèglement de la boussole intérieure. (...) Mais les pères du désert indiquaient aussi un remède à l’’akedia’, et lui donnaient un nom : hypomonè, persévérance s=dans l’hulilité. Littéralement, le mot signifiait : le fait de se mettre sous le joug, c’est à dire d’accepter patiemment ce qui arrive, de ne pas céder à la soif d’errance, au nomadisme spirituel, à l’instabilité.
Les remèdesLes joies quotidiennes Existe-t-il un moyen de guérir du manque de joie dans notre culture ? Où trouver les thérapies adéquates ? Ces remèdes existent. En voici une première : puise la joie dans les choses simples et naturelles de l’existence. A ce point de vue l’Ancien Testament est un guide agréable et précieux. Au-dessus de lui est tendu un arc-en-ciel de joie, et ce dès la première page : depuis la création jusqu’à la fin des temps. Il y a la joie çà propos de la création , celle des choses et des animaux, mais surtout celle de l’être humain (Ps 8, 4-6)
la joie de la liturgie du temple La joie secrète de la fidélité La vraie joie devait encore venir Voici qu’Il est là... Voici l’Epoux La joie de la croix ?
C’est seulement quant l’Esprit Saint sera venu dans leurs coeurs qu’ils pourront, avec Jésus, faire le chemin de la croix à la résurrection et eb faire l’expérience jusque dan leur chair. A l l’instar de Pierre et Jean : ’Ils quittèrent le Sanhédrin, tout heureux d’avoir été trouvés dignes de subir des outrages pour le Nom’ (Ac 5,41) Le monde à l’envers ou le paradoxe de la croix
Il faut donc que soit dissimulée dans la passion de Jésus quelque joie secrète, comme une perle reposant dans son coquillage... C’est la joie de la soumission à son Père, l’allégresse de dire ’oui’. Cette joie dépasse toute émotion, car elle(...) appartient à la dimension la plus profonde de l’être humain : à ce qu’il est, non à ce qu’il fait ou ressent. Il peut donc y avoir joie là où on ne la ressent plus (...) Tout au fond de nous peut alors advenir ce prodige : ce qui était peine et supplice paraît coïncider avec l’essence même de l’amour : se donner à l’autre. Cela ne se fait pas automatiquement, cela demande des efforts que de faire évoluer l’instinct de possession en celui du don de soi, en oblativité. Mais le véritable amour est à ce prix : le ver de la souffrance soit se métamorphoser en papillon de joie.
La joie de l’Esprit Saint
La joie dans les épreuves Même au sein des épreuves, une grande joie est prête à jaillir (...) L’épreuve est à vrai dire ’le’ chemin pour devenir un vrai disciple. C’est ce qu’écrivait Ignace, évêque d’Antioche, en route pour le martyre, à la communauté chrétiennede Rome : ’Ne me retenez pas, ne faites rien pour m’évite la mort. C’est alors (...)
Le détachement du Seigneur fait partie des souffrances imposées aux disciples. Les trois Marie de l’évangile ont approché de très près le Seigneur, mais toutes trois ont dû pratiquer le détachement. Marie de Béthanie n’a pu oindre Jésus de parfum ’qu’en vue de son ensevelissement’. Et sous la croix, Marie, sa mère, a dû se détacher de lui pour habiter dorénavant chez Jean. Quant à Marie de Magdala, le matin de Pâques, elle s’entend dire de la bouche même de Jésus : ’Ne me retiens pas’ Serviteurs de la joie d’autrui Les chrétiens sont au service de la joie d’autrui. Evoluant dans le chant magnétique de la joie divine, ils la transmettent aux autres. A ce propos, Paul a cette belle parole : ’nous coopérons à votre joie’ (2Co1,24). Les chrétiens sont les messagers de la joie. Pour tous. La joie n’est jamais un avoir statique qu’on garde pour soi. Elle est un dynamisme qui pousse vers l’autre. Car si la vraie joie vient de Dieu, si elle est jaillissement de l’amour, il faut qu’elle soit contagieuse. L’amour de Dieu n’est pas casanier. (...) La joie chrétienne n’est donc pas seulement affaire de caractère heureux , de tempérament optimiste, de vitalité et de confiance dans la vie à travers tout. Elle n’est pas d’ailleurs une affaire de tempérament. L’âme de nombreux saints a eu son côté sombre. La joie chrétienne est compatible avec les chagrins et les soucis. Mais elle se situe toujours dans la sphère de l’interpersonnel. A l’image et en vertu des relations entre Jésus et son Père et de celles entre les personnes divines et nous, la joie chrétienne est présence et ouverture à autrui, source d’échanges plein de respect et d’amour
Godfried DANNEELS Mgr
Cardinal
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![]() Godfried DANNEELS Mgr
Cardinal
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