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L’art de célébrer
Le rite de communion

Le rite de communion comporte une telle série de gestes qu’on lui a réservé un chapitre.

La procession

Un minimum d’organisation de la procession est nécessaire si l’on veut que cette démarche soit calme et digne. A cet effet, et surtout dans les grandes églises ou les lieux touristiques, quelques consignes peuvent être données, mais avant le « Heureux les invités... » et non après. On peut aussi charger deux enfants de choeur ou deux laïcs d’aller a l’endroit d’où la procession doit partir, pour aider les fidèles à se mettre en route.

La bénédiction des ministres extraordinaires

Quand des laïcs sont appelés à être ministres de la communion, il est important qu’ils se rendent à l’autel assez tôt (avant le Notre Père, c’est-à-dire au début du rite de communion, ou au moins à l’Agneau de Dieu), et non au dernier moment. Il convient hautement qu’ils communient sous les deux espèces même si toute l’assemblée ne le fait pas.

De plus, le missel prévoit que le prêtre les bénit (deux formules sont proposées dans la deuxième édition du missel appelé « Petit missel carré d’autel », à la page 446). Cette bénédiction est importante pour deux raisons. D’abord, elle signifie à ces ministres eux-mêmes la grandeur du service qu’ils vont accomplir : c’est un envoi. Elle signifie ensuite à toute l’assemblée que ces ministres lui sont envoyés, non à cause de leur dignité ou qualité, mais pour le service du corps du Christ. C’est un acte ecclésial.

La façon de donner la communion revêt évidemment une très grande importance. En effet, les récits de la Cène nous disent que le Seigneur « donna » le pain rompu a ses disciples. L’acte de donner est donc constitutif de l’Eucharistie. Même dans une messe de petit groupe, on ne devrait pas présenter un ciboire ou une coupe dans lesquelles le communiant se servirait.

Celui qui donne la communion le fait calmement. Il peut regarder le communiant en lui présentant l’hostie et en disant : « Le corps du Christ. » On rappellera aux fidèles, si nécessaire, qu’ils doivent répondre : « Amen », à cette formule, selon la belle instruction de saint Augustin : « A ce que vous êtes, vous répondez : Amen; et cette réponse marque votre adhésion. Tu entends : Le corps du Christ, et tu réponds : Amen. Sois un membre du corps du Christ, afin que ton Amen soit vrai. »

Dans la bouche ou dans la main ?

Il faut redire de temps a autre, notamment aux plus jeunes que recevoir l’hostie dans la bouche ou dans la main possède une égale légitimité. Chacun est libre; il n’y a pas une façon plus chrétienne ou plus pieuse, ni même plus traditionnelle que l’autre puisqu’on a communié dans la main jusqu’au 9e ou 10e siècle. En France, la communion dans la main fut autorisée par le Conseil permanent de l’Episcopat, le 19 juin 1969.

On peut souhaiter cependant que ceux qui communient dans la bouche avancent légèrement la langue, sans la tirer, sur la lèvre inférieure en ouvrant légèrement la bouche. Il est ainsi plus facile d’y déposer l’hostie.

On peut également demander a ceux qui communient dans la main de présenter les deux mains l’une sur l’autre, en faisant d’une main un trône pour l’autre « qui doit recevoir le Roi », selon la très belle formule de saint Cyrille de Jérusalem. Saisir l’hostie entre le pouce et l’index, comme au vol, n’est pas un geste de réception. En outre il est plus respectueux de ne pas communier en se déplaçant, mais de porter l’hostie a la bouche, soit avant de se remettre en marche, soit après avoir fait un pas sur le côté pour laisser la place a la personne qui suit.

La communion sous les deux espèces

Les fidèles communient trop rarement sous les deux espèces. Le faire davantage augmenterait certainement chez eux la conscience croyante qu’ils ont de participer au sacrifice de la nouvelle Alliance. Or, en plus des cas nombreux prévus par la Présentation générale du missel romain, l’ordonnance de 1970 de la Conférence des évêques de France en a porté la possibilité a toutes les personnes « aptes à en profiter ». Qui, des fidèles, pourrait alors en être exclu ? Reste le mode.

Communier au sang du Christ en buvant directement au calice demeure la première façon de faire que propose la PGMR (no. 244 et 245). C’est toujours ainsi que doit faire le prêtre qui préside (no. 116).

Si tous les communiants boivent directement au calice, un ministre (qui peut être un laïc) le présente au communiant. Cette pratique est préférable à celle où chacun vient se saisir du calice posé sur l’autel ou sur une petite table. En tout état de cause, un ministre dit la parole « Le sang du Christ. »

En cas d’intinction, si le fidèle reçoit la communion dans la bouche, c’est le prêtre (ou un autre ministre) qui trempe l’hostie dans le calice. Mais si le fidèle communie dans la main ? Nous avons ici affaire a un cas imprévu par la PGMR, car la promulgation du Missel romain a été faite par le pape Paul VI, le 3 avril 1969, c’est-à-dire avant que ne soit donnée, le 19 juin 1969, la possibilité de communier dans la main. Il est clair que cette faculté implique que le fidèle qui communie ainsi n’a pas à rendre au prêtre l’hostie pour que ce dernier la trempe dans le calice et la lui redonne. Que le fidèle veille seulement à placer sa main libre sous celle qui tient l’hostie trempée afin d’éviter qu’une goutte du précieux Sang ne tombe a terre.

 
 
 
Centre National de Pastorale Liturgique
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