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Les escales d'Olivier
 
L’oecuménisme
Le rêve d’un témoignage uni des Eglises

Aujourd’hui

Le XXème siècle peut-il être considéré comme un bon siècle théologique ? Peu d’historiens en douteront. En efet, ce siècle s’est ouvert avec le choc de la Première Guerre mondiale et il a connu des grandes figures dans chacun des Eglises chrétiennes. Les protestants ont ouvert la voie avec Barth, Bultmann, Bonhoeffer, Tillsch, suscitant la nouvelle génération des Käsermann, Pannenberg, Moltmann et Jüngel. La question de la pertinence de la Parole de Dieu est au couer de leur démarche.

Les catholiques ont suivi, avec un souci de ressourcement biblique, historique, et ecclésial. Si Rahner est le plus spéculatif, il ne faut pas ouvlier le travail de Congar, de Lubac, von Balthasar, SChillebeeckx, Guttiérrez. Vatican II a été un grand « happening » théologique. Et la tradition orthodoxe a bien tenu sa place avec les intellectuels russes réfugiés à l’Ouest comme Lossky, Florovsky, Meyendorff, Evdokimov.

A la fin de ce siècle, la situation apparaît plus floue et plus disséminée. En effet, les grands noms évoqués ont presque tous disparu ou ne créent plus l’événement. La réfléxion théologique s’est mondialisée, au sens ou chaque continent a éléboré sa propre problématique : la libération en Amérique du Sud, l’inculturation en Afrique, le dialogue interreligieux en Asie. Et il est un continent qu’il ne faut surtout pas oublier : celui des femmes qui dénoncent une tradition ecclésiale trop patriarcale.

Demain

L’avenir immédiat de la théologie peut se dessiner en prolongeant les lignes que nous percevons aujourd’hui. la planétarisation de la théologie va se poursuivre en se mesurant aux trois questions phares : le défi des pauvres, le défi des cultures, le défi des religions. Les chrétiens ne vont pas supporter indéfiniment que les lois du marché distent la promotion ou l’aliénation de l’être humain.

Si le réveil des cultures locales se veut une riposte à la mondialisation, la théologie ne peut ignorer la non-réversibilité du progrès des sciences et des techniques, avec la confusion entre le possible et le moral, avec toutes les conséquences qui en résultent pour la vie commençante et la vie finissante. Et dans un monde qui connaîtra un trop-plein de propositions religieuses, le christianisme va devoir creuser sa différence, tout en démontrant sa capacité au dialogue et la pacification des relations humaines.

Ce que l’on risque de percevoir chaque jour davantage, c’est que la théologie n’est pas une entreprise exotique ou marginale, mais qu’elle touche aux enjeux les plus cruciaux pour l’homme et la société : la vie, la mort, le sens de l’existence et du vivre ensemble.

Et après

Le rêve le plus fou que l’on puisse avancer pour le XXIème siècle, c’est que les Eglises chrétiennes tirent les conséquences institutionelles des trésors de réfelxion commune qu’elles ont amassées tout au long du XXème siècle et qu’elles se sont bien gardées, sauf exception, d’entériner. La crédibilité du christianisme, en contexte de pluralisme religieux, se joue sur un témoignage uni, cohérent, chaleureux. Des pas coûteux attendent chaque Eglise.

Pour ne parler que des catholiques, il faudra bien que les réflexions sur le rapport primauté-collégialité, l’autorité, les ministères, passent dans les faits. Les théologiens finironts par se décourager q’ils ne voient aucun effet de leur travail. Or, la santé de l’Eglise dépend de son hygiène intellectuelle. Non pas les théologiens à la barre, mais les théologiens à leur place, c’est-à-dire dans les soutes, pour que le bateau Eglise affronte les tempêtes qui ne manqueront pas, avec la seule passion de l’Evangile pour le monde.

 
 
 
Bruno CHENU a.a.
Religieux assomptionniste, ancien co-président catholique du Groupe des Dombes
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