
En faisant le tour du chœur de la cathédrale de Cambrai, le touriste a la surprise de découvrir, face au monument funéraire de l’évêque Fénelon, les pieds de Dieu !
Clin d’œil d’un artiste qui, se rappelant que Moïse avait été autorisé à voir Dieu de dos, s’autorisait, lui, à en montrer au moins les pieds ?
Hélas, le concepteur de ce maître-autel du XIXème siècle ne semblait guère avoir cet humour, puisqu’il ne s’est pas arrêté là et n’a pas craint, côté chœur, de représenter Dieu le Père de face au-dessus du tabernacle !
Mais il est vrai qu’à Cambrai, on n’est pas à une bêtise près…

A la décharge de cet artiste, on évoquera une longue tradition qui, à défaut d’être très théologique et de respecter l’interdiction biblique de représenter Dieu, nous valut quelques œuvres d’art comme « le beau Dieu » de la cathédrale d’Amiens ou, plus surprenant, la voûte de la Chapelle Sixtine sur laquelle Michel-Ange ne se contenta pas des pieds du Créateur !
… qui aurait voulu faire une carrière artistique pour mieux louer la création et qui, pour ce faire, a commencé son apprentissage en réalisant des copies d’oeuvres d’art.
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[1] dessin de Christian Louveau © Port Saint Nicolas