Dans leur reconnaissance du fait religieux, nos sociétés, même les plus laïques, tendent à admettre cette manifestation publique des croyances religieuses sous forme d'un hommage rendu à une divinité ou à un
saint personnage. Mais cette reconnaissance des différents cultes est associée à une vision très sacrale de la religion, plus ou moins cantonnée à des lieux sacrés (églises, temples, synagogues, mosquées, etc.) et à des moments sacrés (messes, pèlerinages, processions, etc). On se souvient de la fameuse apostrophe d'un amiral aux évêques de France dans le débat sur la dissuasion nucléaire: «Messieurs les prélats, mêlez-vous de vos oignons!»
Saint Paul donne une toute autre étendue à ce mot de «culte», puisqu'il en vient à désigner toute l'existence du croyant comme susceptible de rendre gloire à
Dieu (Rm 12,1).