D'aucuns estiment en faire preuve en prenant au mot les malades qui, à bout de force, en viennent à souhaiter mourir. D'autres - et nous en sommes - pensent pouvoir et devoir offrir autre chose qu'une injection mortelle à ceux qui souffrent ou désespèrent de la
vie: un traitement efficace contre la douleur, une présence aimante, la promesse d'un accompagnement jusqu'au terme de la
vie, l'affirmation forte et silencieuse que la
dignité d'un être humain ne disparaît pas avec les atteintes de l'âge ou de la maladie et que cette
dignité passe par un respect sans faille de l'interdit du meurtre.
Étymologiquement, la compassion désigne la capacité de «souffrir avec» ceux qui souffrent, donc de les accompagner, à défaut de pouvoir toujours supprimer les causes de leurs souffrances ni même se mettre à leur place. On peut donc se demander s'il est bien convenable de parler de compassion là où, pour faire disparaître la
souffrance, on fait disparaître le souffrant.