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Nouveau Testament
Comment comprendre, dans l’épisode du figuier desséché, Jésus ronchon et colérique, maudissant un figuier pour le seul motif qu’il ne peut satisfaire sa faim ?
Mc 11,12-25
Mc 11,12-25
Convenons que cet épisode, tel qu’il est rapporté par l’évangile de Marc, a de tout temps embarrassé les lecteurs... à commencer par les autres évangélistes !
Pour limiter le malaise et ne pas voir dans cet épisode le caprice destructeur du magicien Jésus, à la manière de certains récits des apocryphes, on pourra certes observer que les évangiles canoniques ne se prêtent guère à ce genre de lecture et que, si tel était le cas ici, nous serions alors en présence de l’unique malédiction attribuée explicitement à Jésus dans le Nouveau Testament. Peut-être même vaut-il mieux ne pas trop vite parler de « malédiction » en notant que, si Pierre interprète ainsi la parole de Jésus (v.21), lui et les autres disciples nous ont habitués à de fréquentes incompréhensions des paroles et gestes du Maître (cf. Mc 8,32-33; 9,5-6). Une saine prudence est donc ici de mise ! Ce qui est sûr dans tous les cas, c’est que la glose explicative de Marc au verset 13, selon laquelle « ce n’était pas le temps des figues », nous dissuade de faire une lecture au premier degré de ce récit dans lequel Jésus parle à un arbre et exige qu’il soulage sa faim... Cette curieuse faim de Jésus, qui n’est pas partagée par ses disciples, est sans doute à comprendre comme une métaphore : si la recherche de figues symbolise la recherche de justes (Mi 7,1-2), ne pas en trouver revient à constater l’inutilité, la stérilité des institutions qui auraient dû servir au développement de la justice dans le peuple... à commencer par le temple. Car la construction « en sandwich » que Marc fait de son récit - selon un procédé qui lui est cher (Mc 3,20-35; 5,21-43; 6,7-33; 14,1-11) - nous conduit à interpréter l’un par l’autre les deux épisodes du figuier et des vendeurs chassés du temple (Mc 11,15-19).
Sans prétendre qu’elle soit définitive, ni même la seule possible, nous adoptons donc ici l’interprétation proposée par Camille FOCANT dans son commentaire de l’évangile selon St Marc (Paris, Cerf, 2004) :
André KERYGME
Curé de Port St Nicolas
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![]() André KERYGME
Curé de Port St Nicolas
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