Mgr Jean-Louis Tauran
Secrétaire pour les relations avec les Etats
Secrétairerie d’Etat
Palais Apostolique
00120 Città del Vaticano
Paris, le 23 février 1999
Objet :
Notre lettre du 14 janvier 1999, concernant l’affaire Pinochet
Votre réponse du 27 janvier 1999
Monseigneur,
Vous nous voyez peinés.
Suite à votre réponse du 27 janvier dernier, nous avions cru comprendre que le Saint-Siège s’en tiendrait, dans l’affaire Pinochet, à une stricte position de non-intervention.
Or nous apprenions le 19 février, par les médias internationaux, que le Vatican confirmait avoir entrepris une démarche diplomatique auprès du gouvernement britannique en faveur du général Pinochet.
Le Saint-Siège, dans un communiqué du 30 décembre 1998, déclarait partager la position de l’Episcopat chilien « qui insiste sur la nécessité de la réconciliation nationale ». Sans vouloir en aucune manière nier ou négliger le droit du général Augusto Pinochet, comme de tout accusé, à une défense équitable, nous avions espéré que ce voeu de réconciliation exprimé par l’Eglise catholique était inspiré par un souci de justice.
L’Eglise se préoccupe du sort de l’accusé et intervient « par voie confidentielle » en sa faveur. Nous regrettons profondément de ne pas avoir entendu l’Eglise, au nom des valeurs évangéliques, se soucier aussi et avant tout des milliers de victimes des crimes dont est accusé le général Pinochet et de la nécessité d’une réconciliation fondée sur l’établissement de la vérité.
Je vous prie de croire, Monseigneur, en ma haute considération.
Patrick Byrne
Président de la Fédération Internationale de l’ACAT (FI.ACAT)