Depuis la réforme liturgique impulsée par le
concile Vatican II, ce «lieu surélevé» (étymologie grecque du mot «ambon») a remplacé la
chaire, dans le même temps où l'
homélie remplaçait la prédication.
Le vieil édifice en bois avec abat-son en forme de couvercle, situé dans la nef et du haut duquel «Monsieur le Curé» enseignait ou haranguait ses ouailles, a sûrement perdu de son intérêt pratique avec l'
apparition des micros et la possibilité de sonoriser les églises.
Mais le remplacement de la
chaire par l'ambon correspond aussi à une importante évolution symbolique qui affecte non seulement le lieu (désormais le même pour la proclamation des lectures bibliques et la prédication), mais le mode même de cette prédication, laquelle devient une
homélie, une actualisation de la
Parole entendue plutôt qu'un sermon sur les devoirs de la sainte religion ou les articles du
catéchisme. Désormais situé, non plus dans la nef au-dessus des fidèles, mais à l'entrée du choeur, l'ambon évoque cette «table de la Parole» dont l'assemblée se nourrit avant de communier à la «table de l'eucharistie» qu'est l'
autel voisin.